L'avortement et les droits des femmes02/08/20022002Journal/medias/journalnumero/images/2002/08/une1775.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Europe - Session de juillet du Parlement européen

L'avortement et les droits des femmes

Pour la première fois, le Parlement européen a adopté un rapport sur la liberté de la contraception et de l'interruption de grossesse. Ce droit élémentaire est restreint en Allemagne, voire carrément dénié aux femmes en Irlande, en Espagne, au Portugal (et dans certains pays devant prochainement adhérer à l'Union européenne). Bien qu'il ait tout fait pour tenter de faire repousser ce vote (distribution de tracts aux portes du Parlement européen et, à l'intérieur, d'opuscules mensongers sur la prétendue augmentation des risques de cancers que provoqueraient les avortements ou la contraception ; propos orduriers contre celles et ceux qui défendent ce droit ou y ont recours), le lobby réactionnaire des anti-avortement n'est pas parvenu à ses fins. Et c'est tant mieux.

Les députées européennes de Lutte Ouvrière ont voté ce rapport « parce qu'il propose une politique favorisant l'éducation sexuelle et la contraception et affirme clairement que "l'avortement doit être légalisé, sûr et accessible à tous" et parce qu'il "appelle les gouvernements à s'abstenir dans tous les cas de poursuivre en justice des femmes qui se seraient fait avorter illégalement" », a déclaré Armonie Bordes, tout en déplorant « que le rapport se contente de "recommander" ou "d'inviter" les gouvernements, au lieu de les obliger à inscrire dans leur législation des lois allant dans ce sens ».

Cela a provoqué des sifflets de la droite. Des élus de gauche ont tenu à préciser que, tout en votant ce rapport, il ne saurait être question pour eux d'imposer quoi que ce soit aux États. On voit les limites de la solidarité de ces élu(e)s à l'égard des femmes auxquelles est refusé le droit à l'avortement, mais aussi quels intérêts sociaux ils défendent. Car récemment, quand les autorités européennes ont invoqué l'égalité entre les sexes pour lever les interdictions au travail de nuit des femmes, on n'a entendu les gouvernements de gauche européens, dont celui de Jospin, ni s'y opposer (alors qu'ils dirigeaient la plupart des quinze pays de l'Union), ni demander à leurs députés européens (alors majoritaires à Strasbourg) d'invoquer la clause de subsidiarité contre cette régression sociale dont seul le patronat profite.

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