Les propositions pour l'emploi du PCF : Du flou pour le temps des élections08/03/20022002Journal/medias/journalnumero/images/2002/03/une1754.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Les propositions pour l'emploi du PCF : Du flou pour le temps des élections

L'Humanité du 1er mars a publié " les propositions du PCF pour une sécurité d'emploi et de formation ", en douze mesures. La première de celles-ci est claire : " Conversions des emplois précaires en emplois stables ". Alors que le patronat et le gouvernement n'ont cessé d'accentuer la précarité jusqu'à aujourd'hui, cela serait un changement de cap radical dans l'esprit de cette " audace sociale " dont le PCF a fait l'un de ses slogans de campagne. Seulement, les onze autres propositions qui suivent n'indiquent rien sur la façon de mettre fin à cette précarité. Il n'y figure même pas les mesures que le PCF avait mises en avant dès mars 1997, lors d'une précédente campagne électorale. A l'époque le PCF fixait comme objectif de " convertir, par un plan de deux ans, 850 000 postes de travail précaires (CDD, intérim, temps partiels contraints )... en emplois stables ". Ce " plan " était assorti d'une deuxième ambition : " Créer 1,5 million d'emplois pour tous sur deux ans, dont 700 000 concerneraient les jeunes (400 000 dans le privé et 300 000 dans le public) ".

Si le PCF feint d'oublier aujourd'hui ce qu'il proposait il y a cinq ans, ce n'est pas par hasard. Car pendant tout ce temps où il a été au gouvernement, ni ses députés ni ses ministres n'ont exigé de Jospin qu'il applique de telles mesures. De ces propositions passées, il ne reste que des souhaits non réalisés. Le PCF peut donc les ressortir aujourd'hui mais, manquant d'audace, il transforme ces propositions et en les rendant plus floues !

Il en va de même pour les licenciements. La proposition que vient de publier L'Humanité n'évoque pas l'interdiction des licenciements. Mais " le moratoire ", terme déjà assez flou que le PCF avait utilisé pendant un moment pour demander que les plans de suppressions d'emplois soient reportés à plus tard, ne figure plus dans les revendications qu'il met en avant aujourd'hui. Tout ce que le PCF propose, c'est " de nouveaux projets de loi pour définir les licenciements en incitant à des solutions de baisse de coûts autrement que par des suppressions d'emplois (modernisation sociale) ". On ne voit pas, dans ces conditions, comment il serait possible d' " atteindre un objectif de zéro chômeur " dans chaque région, comme le réclame L'Humanité. Si le PCF était, comme il le prétend, un véritable " empêcheur de tourner en rond " entre Jospin et Chirac, il inscrirait dans son programme l'interdiction des licenciements, avec comme sanction à la clé la réquisition des entreprises qui passeraient outre à cette interdiction. Beaucoup d'entreprises font d'importants bénéfices, et en tout cas, ceux qu'elles ont réalisés les années passées ont servi à accroître le patrimoine de familles déjà richissimes. Pour savoir où est passé tout cet argent, fruit du travail des salariés, il faudrait contrôler non seulement l' " utilisation des fonds publics attribués aux entreprises ", comme le dit L'Humanité, mais aussi tous les comptes des patrons et de ceux qui gravitent autour.

Le contrôle des comptes des grandes entreprises et de leurs dirigeants constitue un objectif tout à fait réaliste. Encore faudrait-il que les dirigeants du PCF ne tirent pas dans l'autre sens, qu'ils ne se contentent pas, comme ils l'ont fait jusqu'ici, de jérémiades avant de renouveler leur confiance dans le gouvernement. Sans parler des ministres qui ne pipent mot quand le gouvernement accorde des subventions aux entreprises qui mettent les travailleurs dehors. Au lieu de fixer des objectifs sérieux, qui méritent discussion et préparent les esprits à inverser le rapport de force en faveur du monde du travail, le PCF en est réduit à des propositions " stériles et inutiles ", de la même eau que bien des petites phrases d'autres hommes politiques. Quitte à décevoir une nouvelle fois ceux qui lui font encore confiance, il fait aujourd'hui des propositions qui

baignent dans le plus grand flou, et dont on sait d'expérience qu'elles ne seront pas défendues par les députés du PCF, si les élections donnent une nouvelle fois la majorité relative au PS, et si dans ce cas celui-ci accepte d'inclure le PCF dans sa majorité.

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