Le plein emploi de Jospin, c'est le chômage à plein....01/03/20022002Journal/medias/journalnumero/images/2002/03/une1753.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Le plein emploi de Jospin, c'est le chômage à plein....

Jospin n'a nul besoin de se renouveler. En 1997, il déclarait qu'une de ses priorités était la lutte pour l'emploi. Aujourd'hui, cinq ans plus tard, il peut récidiver sans peine en déclarant que, s'il est élu, il agira " pour une France active qui tourne résolument le dos au chômage<|>". C'est qu'il y a encore du pain sur la planche. Il reste encore plus de 2 millions de chômeurs officiellement recensés. Et si ce chiffre s'est réduit depuis quelque temps, c'est un peu grâce à la conjoncture, mais surtout du fait que les méthodes de comptabilisation des chômeurs ont été modifiées.

Ainsi, les chômeurs à temps partiel qui ont travaillé plus de 78 heures par mois, soit moins de 20 heures par semaine, ne sont plus comptés comme chômeurs. Par ailleurs, les travailleurs employés à temps partiel non choisi, les travailleurs intérimaires, ont vu leur nombre augmenter fortement ces dernières années, celui des travailleurs sous contrat dit d'Emploi-Solidarité ou en stage est reparti à la hausse. Donc il n'y a pas en la matière motif à crier victoire, mais c'est l'occasion pour Jospin de faire de nouvelles promesses... pour dans cinq ans. Il promet en effet, d'ici la fin du quinquennat, 900 000 emplois nouveaux. Il n'ose pas toutefois parler du nombre de ceux qui seront supprimés. Piètre ambition. Quant au plein emploi, dont il a osé parler dans son interview du 21 février sur France 2, ce sera pour la Saint-glin-glin.

À défaut d'engagement précis, et de moyen concret pour les atteindre, Jospin a découvert une nouvelle potion magique. Expliquant qu'il y avait d'un côté des emplois qualifiés qui allaient se libérer du fait des nombreux départs à la retraite - omettant cependant de parler de ceux qui se libèrent à la suite des licenciements collectifs - et de l'autre des demandeurs d'emploi qui n'auraient pas la qualification requise, il propose de mettre en place " une formation pour toute la vie ". Il nous ressort ce vieux serpent de mer, la formation continue. Comme si le manque de formation était responsable du fait que les jeunes ne trouvent pas de travail en fixe, comme si les ouvrières de Moulinex, de Bata et de bien d'autres entreprises étaient laissées pour compte parce qu'elles n'avaient pas la qualification adéquate !

Les formations et autres stages dont la plupart ne débouchent sur rien, les travailleurs licenciés connaissent ! Quand le patronat décide de licencier ou de réduire le nombre des emplois pour augmenter ses profits, la formation, continue ou pas, des salariés n'y change rien.

Alors que le chômage est au coeur des préoccupations de la population laborieuse, Jospin répond à l'inquiétude du monde du travail par des trucs et des ficelles. Cela n'est pas nouveau. Mais cette fois, il ne fait même pas l'effort d'être convaincant. C'est qu'il ne croit pas lui-même à ce qu'il dit. Et il voudrait que les travailleurs le croient ?

Partager