DDE de Corse : L'inquiétude des employés08/02/20022002Journal/medias/journalnumero/images/2002/02/une1750.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

DDE de Corse : L'inquiétude des employés

Une bonne centaine d'agents de la Direction Départementale de l'équipement (DDE) de Corse, suivis par de nombreux véhicules ont manifesté bruyamment mardi 5 février dans les rues de Bastia pour rejoindre la préfecture.

A Bastia en effet les agents de la DDE sont en grève illimitée depuis le jeudi 30 janvier. Plus de 80% des employés ont cessé le travail. Le même mardi 5 février, les employés de la DDE de Corse du Sud en étaient à plus de deux mois de grève. Ils avaient, à Ajaccio, retardé l'arrivée du cargo Monte d'Oro, puis bloqué l'aéroport, et à Porto-Vecchio les agents de la DDE avaient bloqué le Monte Cinto.

Le personnel de la DDE redoute les conditions dans lesquelles il va être transféré à la Collectivité territoriale de Corse. Les grévistes demandent immédiatement l'égalité des traitements entre les différents régimes de la fonction publique de l'Etat et de la Collectivité territoriale corse. Ils précisent à chaque fois, à travail égal, salaire égal et cela d'autant que les salaires ne sont pas importants.

En effet pour le même travail, les agents de la DDE entretenant les routes peuvent toucher près de 220 euros de moins que leurs collègues des collectivités locales. Les différences peuvent être encore plus importantes pour les agents travaillant dans les bureaux et aller jusqu'à 400 euros. Cela résulte d'un amendement qui a autorisé la Collectivité territoriale corse a verser à ses agents des indemnités plus importantes que celles des agents de l'Etat.

Le personnel est également très inquiet devant la réorganisation provoquée par son futur rattachement à la Collectivité territoriale, craignant aussi des diminutions de personnel et des mutations autoritaires car le changement de statut se fait pour les salariés dans le flou le plus total.

Les résultats des entrevues avec de hauts fonctionnaires et des préfets ne sont pas du tout rassurant, pour les employés des DDE de Corse.

Le gouvernement, ses ministres ou les hommes politiques de l'opposition qui président à l'assemblée de Corse, lorsqu'ils ont légiféré, ont abandonné complètement le volet social. Ils ont statué sur les biens, les aides et les subventions mais ils ont laissé volontairement dans l'ombre et dans le flou les statuts des travailleurs. Il s'agit bien comme le dit une syndicaliste "des transferts de services publics à moindre coût, sacrifiant statuts et rémunérations des personnels". Les travailleurs en grève montrent clairement qu'ils ne sont pas prêts à accepter d'en faire les frais.

A ce jour la grève continue. Les grévistes pensent que c'est tout le service public qui est concerné et qui doit débattre de ces revendications.

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