Mairie de Tours : Après le mouvement de grève04/01/20022002Journal/medias/journalnumero/images/2002/01/une-1745.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Mairie de Tours : Après le mouvement de grève

Le personnel de la ville de Tours a été en grève pendant 9 jours contre la mise en place des 35 heures sans moyens supplémentaires (voir LO précédente).

Ce mouvement, qui revendiquait la fin de la précarité dans la mairie et des embauches, aura entraîné une grande solidarité parmi le personnel, indépendamment des catégories et des services, et parfois même de la position hiérarchique.

Les manifestations quotidiennes rassemblaient au coude à coude des agents techniques, administratifs, culturels, des crèches, parfois même des responsables de service...

Plusieurs jours de suite, plusieurs centaines de salariés de tous les services sont venus à 5 heures et demie du matin à l'entrée du service de la collecte des ordures ménagères (situé pourtant à l'extérieur de la ville), pour retirer à la municipalité l'envie de réquisitionner leurs collègues éboueurs.

Le maire nous a fait le chantage à l'augmentation des impôts locaux. "Cent créations d'emplois coûteraient 17 millions de francs par an", "1 % d'augmentation du budget représenterait 3,3 millions", "Je vais créer une taxe RTT", a-t-il pu nous dire pêle-mêle. Des grévistes ont eu beau jeu de lui répondre qu'il n'avait pas proposé à la population d'instaurer une taxe Bouygues Telecom, lorsque la municipalité avait versé à ce dernier 3,3 millions de francs ni une taxe St-Micro-Electronics pour la vingtaine de millions de francs que lui a versée la mairie. Sans compter que, si cet argent public a été distribué sous prétexte de favoriser l'emploi, huit mois après avoir touché ces aides, St-Micro-Electronics supprimait des centaines d'emplois (fin de CDD et intérimaires). De toute évidence, cet argent aurait été mieux utilisé à créer directement des emplois, à la mairie de Tours par exemple dans le cadre des 35 heures.

Il aura fallu 9 jours de grève massive du personnel, un arrêt de la quasi-totalité des services, pour qu'à deux semaines de la mise en place de la RTT le maire sorte de son mutisme et fasse des propositions concrètes. Elles peuvent se résumer ainsi : 35 heures et demie par semaine, 143 titularisations d'auxiliaires sur trois ans (70 en 2002), 100 créations d'emplois en trois ans aussi (50 en 2002) et l'engagement de compenser désormais tous les départs par du personnel statutaire.

Rappelons que les grévistes avaient chiffré leurs besoins à 300 embauches (10 % de l'effectif). Au cours du conflit, un adjoint avait fini par avouer que l'étude commandée par la mairie elle-même avait fait apparaître un besoin de 192 postes !

Les propositions de la municipalité, jugées insuffisantes, ont été repoussées lors de la dernière assemblée générale.

A l'approche des fêtes, nous avons arrêté notre mouvement, suspendu seulement, dans l'esprit de beaucoup. La victoire n'est que partielle, mais le climat n'est pas à la démoralisation, loin s'en faut. Les grévistes sont fiers d'avoir mené ce combat et d'avoir contraint le maire à promettre des embauches.

Un mouvement, largement majoritaire, qui restera longtemps gravé dans les esprits.

Partager