Toulouse Grande Paroisse (AZF) : "redémarrage ou pas, garantie de l'emploi et des salaires"24/12/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/12/une-1744.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Leur société

Toulouse Grande Paroisse (AZF) : "redémarrage ou pas, garantie de l'emploi et des salaires"

Trois mois après l'explosion de l'usine AZF, la situation des salariés du pôle chimique du sud de Toulouse (AZF, SNPE et Tolochimie) est loin d'être réglée.

Quant à l'avenir du pôle chimique lui-même, la Mairie, le Conseil général, le Conseil régional, comme le ministre de l'Environnement Cochet, tous estiment que l'usine AZF ne doit pas redémarrer. Jospin, lui, n'a pas pris de décision, mais avant la fin de l'année... il va parler. Quant à Desmarest, le PDG de TotalFinaElf, qui ne tient pas plus que ça à la branche engrais du groupe pétrolier, il continue... de ne rien dire.

Samedi 15 décembre, la parole était aux salariés du pôle chimique. La manifestation organisée par l'Intersyndicale, la première depuis le 21 septembre, était soutenue par l'UD-CGT. Il y a eu un bon millier de manifestants. L'objectif de la manifestation était de réclamer le maintien de l'activité chimique au sud de Toulouse. Pas question pour les dirigeants syndicaux d'accuser les patrons de TotalFinaElf de quoi que ce soit, eux qui sont pourtant responsables de faire passer la sécurité des installations bien après leurs profits. Avec un tel objectif, qui disculpe de fait les coupables, pas étonnant de trouver parmi les manifestants le directeur de l'usine AZF en personne, qui ne loupe jamais une occasion de féliciter les syndicats pour leur sens des responsabilités. Il y avait aussi quelques représentants du patronat local, favorable au maintien du site, la manifestation étant soutenue par la Chambre de commerce.

La note discordante, c'était la présence d'une dizaine de panneaux manuscrits, rédigés et tenus par quelques ouvriers d'AZF, pas d'accord avec l'Intersyndicale : "Salariés AZF en colère. Total tient à ne pas s'engager sur l'avenir de l'usine. Obligeons Total à s'engager sur l'avenir des salariés" ; "Redémarrage ou pas, garantie de l'emploi et des salaires" ; "Douste-Blazy, Cochet, Desmarest, même combat contre les salariés AZF".

Lundi matin, à l'usine, le représentant de Total a pris la parole devant les ouvriers et employés d'AZF rassemblés, pour les assurer que, quel que soit l'avenir du site, "aucun salarié ne se retrouverait seul face à un problème d'emploi". De belles paroles. La preuve, quand un ouvrier lui a demandé que Total garantisse les salaires de tous jusqu'à ce qu'on trouve à tous un emploi acceptable à Toulouse, il a répondu... qu'il ne pouvait pas garantir cela. Comme pour lui sauver la mise, un représentant de l'Intersyndicale est intervenu plus tard pour rappeler "qu'il n'était pas question de parler du plan social, mais de réclamer la réouverture du site, et donc d'être... offensif". Offensif peut-être, mais pas contre les dirigeants de Total.

Pour l'instant, la majorité des travailleurs, inquiets pour leur avenir, suivent l'Intersyndicale. L'usine va fermer jusqu'au début janvier. Puis il est prévu des formations, des mutations temporaires, du chômage technique en février et le plan social en avril. D'ici là, Jospin aura parlé. Mais personne ne se fait trop d'illusion : il va décider de l'avenir du pôle chimique ; quant à l'avenir des salariés, d'autres ont pu vérifier (Danone, Michelin, Bata, Moulinex, Péchiney, Valéo, etc.) que ce n'est pas vraiment son problème.

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