McDonald's Paris (Strasbourg-Saint-Denis) : Les grévistes tiennent bon et marquent un point24/12/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/12/une-1744.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

McDonald's Paris (Strasbourg-Saint-Denis) : Les grévistes tiennent bon et marquent un point

La grève continue au restaurant McDo de Strasbourg-Saint-Denis et pourtant la direction n'a pas lésiné sur les moyens de pression, voire d'intimidation, pour tenter de diviser entre eux les grévistes et les faire renoncer à leur action prud'homale.

Il y a eu des tentatives de rencontres individuelles, au cours desquelles des représentants de la direction proposaient d'aider les jeunes employés de McDo à se reclasser ailleurs, en échange de leur désistement aux Prud'hommes. Après la dénonciation publique de ces manoeuvres au cours d'une conférence de presse, la direction décidait de faire commencer des travaux de rénovation, prévus de longue date, pour faire comme si de rien n'était.

Les grévistes ont décidé de ne pas laisser sans réaction cette provocation, en occupant l'intérieur du McDo (alors qu'ils étaient devant la porte depuis des semaines). La direction, toujours arrogante, décidait de venir avec un huissier pour intimider les occupants et les assigner devant le tribunal de grande instance, en vue d'obtenir leur expulsion.

Mais les conseillers de la direction, tout à leur acharnement antigréviste, ont laissé passer quelques grossières erreurs de procédure, ce qui a donc amené le tribunal à déclarer leur assignation irrecevable.

Malgré cette série d'attaques, les grévistes redoublaient d'activité. Ils rédigeaient un tract invitant les autres salariés des autres McDo de la région parisienne à venir les soutenir à l'audience prud'homale du 19 décembre. Le lendemain, ils allaient populariser leur lutte au McDo d'Opéra, puis à celui de Bonne-Nouvelle. Dans ce dernier point de vente, des salariés venaient également de se mettre en grève pour protester contre le non-paiement de leurs salaires et pour dénoncer leurs très mauvaises conditions de travail.

Durant tout un après-midi, des échanges chaleureux eurent lieu entre les grévistes de Bonne-Nouvelle et ceux de Strasbourg-Saint-Denis, ces derniers promettant de venir les soutenir le lundi 17 décembre au moment de l'entrevue obtenue avec leur patron.

Le dimanche 16 décembre, nouveau rebondissement. Alors que les jeunes sortaient du McDo Strasbourg-Saint-Denis, les vigiles retenaient le dernier occupant, qu'il fallut libérer avec l'intervention de la police.

La soirée du dimanche se terminait dans une joyeuse ambiance par l'occupation du McDo de Parmentier, qui appartient au même gérant que celui de Strasbourg-Saint-Denis.

La journée du lundi était consacrée à une activité peu appréciée par le gérant (c'est en effet la demande de l'élection de délégués du personnel qui est à l'origine des procédures de licenciement dénoncées par les grévistes) : l'élection des représentants du personnel. Après l'annonce de l'élection de tous les candidats CGT face à une liste FO incomplète mais ayant toutes les faveurs de la direction, le gérant et la directrice repartaient dépités, sous les cris de joie des grévistes, regonflés à bloc et bien décidés à poursuivre leur lutte et à se retrouver nombreux aux Prud'hommes le 19 décembre.

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