Toulouse : Les sinistrés marquent un point !07/12/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/12/une-1742.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Leur société

Toulouse : Les sinistrés marquent un point !

La détermination des sinistrés de la catastrophe d'AZF ne faiblit pas. Ils ont multiplié les délégations, les rassemblements et les manifestations, ils ont su susciter la pression médiatique, pour qu'enfin, 10 semaines après l'explosion, ils gagnent la promesse municipale d'une avance de 50 % des travaux sur les fenêtres. C'est un premier pas, qui confirme à quel point ils ont eu raison de se battre, avec leur détermination et leurs objectifs.

Malgré la lassitude, les quantités de dossiers et de formulaires à remplir, les interminables coups de téléphone, et... le début du ramadan, les sinistrés ne se découragent pas et continuent à maintenir la pression sur les pouvoirs publics.

Pour les travaux, c'est encore et toujours la pagaille. Les travaux d'urgence de mise "hors d'air et hors d'eau", le fameux "provisoire durable", ont été réalisés sous la pression par des non-spécialistes et sont généralement à refaire... ce qui ne signifie pas pour autant qu'ils vont être refaits.

Les entreprises ne se bousculent pas pour faire les travaux. D'abord elles ne manquent pas de travail ailleurs. Ensuite elles n'ont aucune garantie de paiement rapide. Enfin les assurances leur demandent de travailler hors des "règles de l'art", oralement bien sûr, et elles craignent que cela risque de se retourner contre elles au moindre vice caché. Or c'est tous les jours qu'un élément de charpente s'effondre, que des fissures se révèlent. Si c'est après travaux, il y a de fortes chances que ce soit l'entreprise qui a fait les travaux qui en soit tenue responsable !

Les "politiques" multiplient les effets d'annonces, pour le communiqué, ce qui complique tout. Chaque niveau de pouvoir tire la couverture à lui, ne trouve de l'énergie que pour défendre "son bilan", et dénoncer l'inertie des autres.

Pendant ce temps, les sinistrés survivent dans des appartements qui restent en l'état, avec du contreplaqué ou du Plexiglas qui colmatent tant bien que mal les fenêtres. Et les spécialistes du bâtiment prédisent que rien ne sera réglé avant le printemps.

Vendredi 30 novembre, le gouvernement a organisé un grand show sur l'avenir du site chimique, un débat pseudo-démocratique qui excluait de fait tous ceux qui ne savent pas prendre la parole devant six cents personnes. En fait, c'était une collection de discours lénifiants où universitaires et élus locaux rivalisaient en langue de bois. Mais l'objectif qui consistait à noyer le poisson n'a pas été atteint : au contraire, le collectif des "sans-fenêtres" a réussi à voler la vedette au ministre Vert de l'Environnement en apportant un amoncellement de fenêtres fracassées devant le centre des congrès.

L'après-midi, Douste-Blazy, dans une conférence de presse, s'est engagé au nom de la mairie à avancer 50 % du montant des devis de remplacement des fenêtres : une "demi-fenêtre". Il s'engouffre ainsi dans le boulevard ouvert par l'incurie du gouvernement et prend acte de la mobilisation des sinistrés. C'est évidemment un encouragement pour la lutte, cela prouve que la voie choisie était la bonne, que les pouvoirs publics peuvent faire l'avance des travaux et qu'il faut les y obliger.

L'objectif est désormais de faire craquer le gouvernement, après avoir fait craquer la mairie. Le gouvernement est plus loin, moins accessible. Mais après tout, un voyage à Paris n'est pas impossible si c'est nécessaire pour se faire entendre !

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