Israël : Le gouvernement donne l'exemple du terrorisme24/08/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/08/une-1727.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans le monde

Israël : Le gouvernement donne l'exemple du terrorisme

Depuis quelques semaines, Israël multiplie les provocations et accroît la répression à l'égard des Palestiniens, sous prétexte de lutter contre le terrorisme.

La recrudescence des attentats-suicides qui frappent aveuglément des civils en plein coeur des villes israéliennes a évidemment de quoi choquer. Dimanche 12 août par exemple, un kamikaze a fait exploser une bombe devant un café près de Haïfa, faisant quinze blessés et se tuant sur le coup. L'attentat a été revendiqué par le Djihad islamique.

Mais la politique d'Israël n'en est pas moins révoltante : tout aussi violente, elle est quotidienne et pratiquée avec des moyens autrement importants. Les victimes se comptent par centaines dans les rangs de la population palestinienne. Sans parler des destructions provoquées par l'aviation et les chars israéliens.

Sharon prétend désormais " liquider le terrorisme " et a engagé des mesures de représailles pour exécuter tous les Palestiniens soupçonnés de prendre part aux attentats, directement ou indirectement.

Ainsi, le 31 juillet, le bombardement d'un immeuble de Naplouse par des chars israéliens, sous prétexte qu'il abritait une réunion d'activistes du Fatah, a provoqué la mort de huit Palestiniens, dont deux enfants. Plus récemment, dans la nuit du 13 au 14 août, à Ramallah, un membre de la garde présidentielle de Yasser Arafat a été blessé par un obus tiré sur sa voiture. Et un jeune Palestinien soupçonné d'avoir participé au meurtre d'un Israélien a été tué près d'un barrage routier par des barbouzes israéliennes.

Et le gouvernement israélien multiplie les provocations. L'armée israélienne a pour la première fois fait des incursions dans des territoires sous administration de l'Autorité palestinienne, où théoriquement elle n'a pas le droit de pénétrer (d'après les accords d'Oslo, que l'État hébreu n'a jamais vraiment respectés et qu'il piétine maintenant allègrement). Des bulldozers, protégés par des chars et des hélicoptères, y ont détruit plusieurs bâtiments.

Enfin, dimanche dernier, un nouveau pas a été franchi. Un ministre du gouvernement israélien a annoncé à la télévision que les mesures de répression allaient être étendues aux familles des kamikazes. Il a déclaré : " Le candidat au suicide doit savoir que ses proches parents risquent de payer pour son crime ", ajoutant : " Oui, il faut liquider les pères si cela peut empêcher les fils de perpétrer des opérations-suicides ". Un Palestinien de 32 ans, membre du Fatah, a d'ores et déjà été tué avec ses deux enfants, âgés de 5 et 6 ans, par un tir de missile sur sa maison.

Par ailleurs, la situation générale ne cesse de se dégrader dans les territoires occupés où, d'après des chiffres récents, le nombre des colons israéliens continue d'augmenter. La semaine dernière, lors d'un échange de tirs entre Palestiniens et soldats israéliens près d'Hébron (où quelque 400 colons juifs protégés par l'armée vivent toujours au milieu de 120 000 Palestiniens !) une fillette palestinienne de sept ans a été tuée d'une balle dans la tête.

Au total, depuis le début de l'Intifada, il y a bientôt un an, les affrontements entre Palestiniens et Israéliens ont fait 775 morts, dont 629 Palestiniens. l'État d'Israël montre chaque jour son mépris pour la population palestinienne et pratique le terrorisme à grande échelle. Il n'est pas étonnant qu'il provoque en retour les attentats dont des Israéliens sont maintenant les victimes, et il ne mettra certainement pas fin à la colère des Palestiniens en les opprimant davantage.

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