Hôpital Beaujon - Clichy(92) : Le bâtiment ne va pas plus que le reste24/08/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/08/une-1727.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Hôpital Beaujon - Clichy(92) : Le bâtiment ne va pas plus que le reste

Le 2 août, le faux-plafond du couloir du bloc opératoire central s'est écroulé sur une longueur de plus de 20 mètres. Heureusement, personne n'était dessous.

Un accident qui ne tombe pas du ciel

Le bloc commun regroupe sept salles d'opération : celles de neurochirurgie, d'O.R.L. et de chirurgie vasculaire. Il est tout récent, n'ayant ouvert qu'en 1999. C'est dire combien l'Assistance publique choisit de mettre les moyens et de construire pour longtemps !

Il a suffi d'une fuite d'eau engendrée par un WC bouché à l'étage au-dessus, la maternité, pour entraîner cet effondrement. Cela signifie sans doute que l'eau s'infiltrait depuis des jours sans que personne ne s'en rende compte. Comment ne pas mettre cela en rapport avec le manque aigu de personnel en maternité, qui épuise le personnel et lui rend impossible de tout faire et de tout voir ?

Bricolage et précipitation

Les premières mesures prises ont révélé la plus totale improvisation. Un grand plastique a été tendu sous le plafond effondré. Mais il faisait écran aux détecteurs d'incendie. Et de plus, les éclairages situés au-dessus de lui menaçaient de le faire fondre. Il a fallu plusieurs jours pour que les ouvertures nécessaires soient pratiquées.

Les faux-plafonds, on le sait, sont des réservoirs à germes, notamment à aspergillus. C'est la raison pour laquelle la direction a fait fermer cinq des sept salles d'opérations. Mais elle a accepté que les deux autres, fermées lors de l'effondrement, continuent à fonctionner. Rien ne permettait pourtant au début de savoir si ces salles n'avaient pas de germes ; les analyses n'avaient pas encore donné de résultats.

Pendant les travaux, l'activité continue

Il faut dire que les chirurgiens n'ont pas poussé dans le sens de la fermeture totale du bloc. Chacun essayait au contraire de faire passer ses propres malades, afin de conserver le plus d'activité possible.

Pour maintenir les deux salles en activité, il a fallu créer tout un circuit compliqué de circulation entre elles et les réserves ou les vestiaires situés à l'autre bout du bloc. Le moindre besoin de matériel a obligé le personnel à des déshabillages et rhabillages fastidieux, ainsi qu'à des trajets par escaliers et ascenseurs, qui aggravaient la fatigue. Cela a duré jusqu'au vendredi 17. Ce jour-là, devant le mécontentement croissant du personnel aide-soignant et infirmier, manifesté au cours de deux réunions avec le directeur et les chirurgiens, ceux-ci décidèrent de fermer une des salles, ce qui soulagea un peu la peine générale.

Tout cela s'est passé au mois d'août, où les congés annuels sont nombreux. Aucun renfort n'a été affecté pour faire face par exemple au surcroît de ménage engendré par l'accident. Circonstance aggravante, la neurochirurgie de l'hôpital Henri-Mondor ayant fermé pour le mois, c'est deux jours par semaine - et non un seul comme en temps normal - que Beaujon reçoit les urgences de cette spécialité.

Le personnel en est ainsi arrivé aux limites du supportable.

L'hôpital de quel siècle ?

La direction a enfin décidé la fermeture du bloc entier à partir du mercredi 22 août, pour quelques jours. Mais cela ne peut suffire à refaire un plafond qui tienne.

Comme le faisait remarquer une infirmière, l'armée est capable d'installer en une journée des hôpitaux parfaitement stériles dans n'importe quelle partie du monde.

Mais l'AP préfère jouer les Mac Gyver, en pariant sur les conditions d'hospitalisation des malades et sur les efforts supplémentaires du personnel.

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