Hausse du chômage : Le gouvernement jongle avec les mots03/08/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/08/une-1725.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Leur société

Hausse du chômage : Le gouvernement jongle avec les mots

Selon le mal-nommé ministère de l'Emploi, après une première augmentation en mai, le nombre total des demandeurs d'emplois inscrits à l'ANPE aurait augmenté de 8 500 en juin, pour atteindre le chiffre officiel de 2 077 100. Et encore s'agit-il là d'un chiffre dont on sait qu'il ne reflète que de très loin la réalité du chômage, puisqu'il ne tient compte que des inscrits à l'ANPE ayant travaillé moins de 78 heures dans le mois - or, qui peut vivre avec la moitié d'un salaire, surtout au SMIC ?

A en croire la ministre, Elisabeth Guiguou, la " baisse " du chômage dont Jospin se vante tant depuis des mois aurait ainsi atteint " un palier avec des turbulences ". Un palier ? On ne peut qu'en douter, à en juger par les chiffres de ses propres services : n'indiquent-ils pas que les inscriptions à l'ANPE pour licenciement économique ont reculé de 5,7 % en juin ? Et cela au moment même où les annonces de milliers de suppressions d'emplois n'en finissent pas de se succéder dans les grandes entreprises, sans parler de ceux qui disparaîtront par ricochet dans les PME sous-traitantes. Il y a donc tout lieu de craindre, au contraire, que ce prétendu palier cache l'amorce d'une réduction importante de l'emploi que la multiplication des emplois précaires ne suffira peut-être plus à masquer, contrairement à ce qui a été le cas dans la période précédente.

Mais peut-être est-ce justement à cela que Guiguou fait allusion en parlant de " turbulences ", comme pour préparer à l'idée que les choses risquent de s'aggraver sans pour autant justifier qu'on s'en inquiète (puisqu'il ne s'agit que d'un " palier ") et donc que le gouvernment intervienne. Que de mots fleuris pour couvrir une politique de servilité face aux exigences du capital !

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