Des milliards pour l'armement : Quel gâchis !03/08/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/08/une-1725.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Leur société

Des milliards pour l'armement : Quel gâchis !

Une nouvelle loi de programmation militaire a été adoptée lors du Conseil des ministres du 31 juillet. Chirac et Jospin sont parfaitement d'accord et 87,5 milliards de francs par an, dont environ 18 milliards pour l'armement nucléaire, devraient ainsi financer pendant six ans, à partir de 2003, la construction d'équipements militaires divers. Autant de milliards qui pourraient être utilisés de façon autrement plus utile pour améliorer des services publics comme les transports, les hôpitaux ou l'Education nationale, mais qui vont aller s'engloutir dans des engins de morts, pour le plus grand profit des marchands de canons.

Pourtant, les militaires ne sont, paraît-il, contents ni du montant des sommes allouées - trop faibles - ni des priorités indiquées - le nucléaire.

Chirac a toujours été un fervent du nucléaire et on se souvient de la façon dont, en 1995, à peine élu, il avait annoncé la reprise des essais nucléaires en Polynésie, essais suspendus depuis 1992. En juin dernier, devant un parterre d'experts de la " défense nationale ", il répétait que " notre sécurité est avant tout garantie par la dissuasion nucléaire " et qu'en conséquence, le nucléaire devait revenir au goût du jour. Cet avis est loin de faire l'unanimité chez les militaires eux-mêmes et certains états-majors considèrent que " la force nucléaire n'est plus adaptée (...) à nos hypothétiques adversaires potentiels "... Certains préfèreraient donc que l'argent soit dépensé de façon plus conventionnelle, par exemple en commandes à Dassault d'avions de combat Rafale plutôt qu'en construction de missiles à têtes nucléaires. Avec le prix d'un seul d'entre eux, gémissent certains militaires, on pourrait se payer deux nouveaux porte-avions... ce qui, selon eux, ne serait pas un mal alors que le seul porte-avions existant, nucléaire justement, le Charles-de-Gaulle, n'a cessé d'avoir des avaries et qu'il a toujours besoin de longs mois d'immobilité pour entretien et révision de ses chaudières nucléaires, quand il ne perd pas son hélice ! Evidemment, comme " force de dissuasion " même si les adversaires ne sont qu'" hypothétiques " et " potentiels ", ce n'est pas terrible.

En attendant, au gouvernement, tous semblent parfaitement d'accord pour dépenser l'argent public en armements plus ou moins sophistiqués, nucléaires ou pas. Car depuis le début de la préparation de cette loi de programmation militaire, en chantier depuis janvier 2000 paraît-il, on n'a guère entendu les ministres PCF (sans parler des Verts) du gouvernement dénoncer la politique qu'elle signifie. Aujourd'hui que la loi est adoptée, et quelques réserves verbales avant de s'aligner sur Chirac et Jospin mises à part, c'est toujours le silence.

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