Ethicon (Auneau - 28) : Onet doit annuler un licenciement11/05/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/05/une-1713.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Ethicon (Auneau - 28) : Onet doit annuler un licenciement

Ethicon est une filiale du trust Johnson & Johnson. Dans son usine d'Auneau, 400 personnes fabriquent des produits pharmaceutiques, et en particulier des seringues. Ce type de production oblige la direction à se soumettre à des règles d'hygiène très strictes. Mais cela ne l'empêche pas de renégocier régulièrement les contrats qu'elle passe avec les sociétés qui assurent le nettoyage du site.

C'est ainsi qu'au mois de janvier dernier, c'est Onet, groupe international employant plus de 40 000 personnes, qui a repris le contrat de nettoyage d'Ethicon à Auneau, le coût de la prestation assurée passant de 70 000 à 40 000 F par mois.

Comme la loi le lui impose, Onet devait reprendre les contrats des sept salariés du précédent prestataire. Mais très rapidement elle a exercé des pressions (manque de matériel, heures sup non payées) sur deux travailleurs jusqu'à ce qu'ils démissionnent. Mais cela n'était pas suffisant pour rentabiliser le site. Onet s'est alors attaqué au chef d'équipe, qui était le plus payé des salariés (6 500 F, contre 5 400 F pour les autres). Comme il ne cédait pas aux pressions, elle a décidé, le 24 avril, de le licencier pour faute grave, sous des prétextes fallacieux (mauvaise attitude envers le client, insuffisance dans le travail, etc.).

Thierry Le Guevelou se retrouve alors à la porte à 48 ans. Il a déjà vécu deux fois une procédure semblable, et a dans les deux cas gagné aux Prud'hommes. Mais il sait que cette procédure est longue et qu'il aura du mal à retrouver du travail. Sa situation familiale est elle-même assez critique puisque sa fille se remet difficilement d'un grave accident de la route et que sa femme vient elle aussi de perdre son emploi.

C'est dans ce contexte que Thierry a décidé, désespéré, d'entamer une grève de la faim jusqu'à sa réintégration. Avec l'aide de militants de la CGT, il informe alors le personnel d'Onet et d'Ethicon de son action et peut mesurer la sympathie des salariés à son égard. Mais c'est surtout la publicité qui a été faite dans la presse locale et à la télévision régionale sur ce licenciement scandaleux qui a gêné la direction d'Onet et l'a contrainte à reculer. Dans un premier temps en proposant une mutation sur un autre chantier à Chartres. Puis, au bout de huit jours de grève de la faim, en acceptant la réintégration de Thierry sur le site d'Ethicon, avec le même salaire que précédemment.

Les patrons du nettoyage et leurs commanditaires ont dû céder.

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