SNCF : Ceux qui se battent ont raison !13/04/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/04/une-1709.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

SNCF : Ceux qui se battent ont raison !

Après le 29 mars et depuis la journée de grève du 5 avril, largement suivie tandis que les organisations syndicales rencontraient Gallois, la presse, les médias, les politiciens et jusqu'à certaines organisations syndicales n'en finissent pas d'enterrer un mouvement qui ne veut pourtant pas se laisser faire. Avec des hauts et des bas, s'arrêtant là puis reprenant, démarrant ailleurs, la grève se poursuit. Une partie des cheminots n'accepte pas la fin de non-recevoir que leur oppose la direction.

Mardi 10 avril, une dizaine de dépôts d'agents de conduite étaient toujours en grève. Certains qui avaient repris le travail dimanche 8, décidaient de se remettre en grève le 9. Au dépôt de Sotteville-lès-Rouen, lundi 9, la grève était reconduite à une très large majorité. Au dépôt de Dijon-Perrigny, le mouvement se poursuivait mardi 10. Pour leur part, les Transports express régionaux étaient bloqués dans de nombreuses régions. À Nevers, à Amiens, la grève bloquait le trafic. À Paris-Nord, c'était le Thalys qui était bloqué. En fait, les " foyers grévistes " comme les appelle la presse restaient encore multiples mardi 10 avril et très vigoureux pour certains.

Par-delà les rivalités syndicales, le mécontentement des cheminots en grève est suffisamment profond pour qu'ils refusent de reprendre sans rien ou presque, après douze jours de grève. Dans ce mouvement, on aura vu la direction de la CGT, dès le début, dès le 29 mars, être défavorable à la poursuite d'une grève qui avait largement mobilisé sur les salaires, les effectifs et contre les projets de réorganisation de la SNCF. Le 30 mars, la direction CGT cheminote de Paris-Sud-Ouest par exemple n'hésitait pas à écrire : " Nous regrettons l'attitude de plusieurs organisations syndicales de notre secteur qui, de manière peu démocratique, appellent à reconduire la grève... " Un peu partout d'ailleurs, les directions CGT, bientôt rejointes par celles de la CFDT, se sont opposées à la poursuite de la grève là où elle avait commencé, et plus encore à son extension à des secteurs qui n'avaient pas encore rejoint le mouvement. Cette politique a entraîné de forts affrontements dans les rangs des militants CGT. Elle a valu à bon nombre d'entre eux, dans bien des endroits, d'être pris à partie par des grévistes qui n'acceptaient pas ce qu'ils pouvaient considérer à juste titre comme un lâchage. Certains d'entre eux ont eu d'autant plus de mal à se démarquer de l'attitude de leur direction que les autres organisations syndicales - pour des raisons qui n'ont rien à voir avec l'intérêt du mouvement - n'ont pas pesé pour les entraîner mais au contraire pour les isoler.

Aujourd'hui, si la grève concerne essentiellement les roulants (surtout des agents de conduite avec, parfois, des contrôleurs), sur des revendications qui leur sont propres, ce qui risque de les isoler des autres cheminots et donc de les affaiblir face à la direction, c'est bien parce que les deux syndicats majoritaires, la CGT et la CFDT, ont milité contre la grève de l'ensemble des travailleurs de la SNCF. Mais cette grève qui dure est suivie avec attention par tous les autres cheminots. Partout, dans tous les secteurs, roulants comme sédentaires ont les mêmes intérêts à défendre face à Gallois et au gouvernement. Ils ont accumulé un même mécontentement que ni les divisions syndicales ni les divisions corporatistes ne devraient pouvoir empêcher de s'exprimer finalement encore plus haut, plus fort et de façon unie.

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