Pour combattre le cancer : Les belles paroles ne suffisent pas16/02/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/02/une-1701.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Leur société

Pour combattre le cancer : Les belles paroles ne suffisent pas

Le deuxième sommet mondial contre le cancer s'est ouvert à Paris, le 9 février. Les participants ont souligné la gravité de la situation. En France, deux millions de personnes sont atteintes, 700 000 sont traitées, 250 000 nouveaux cas sont détectés chaque année, et un décès sur quatre serait dû à un cancer. Dans le monde, ce sont chaque année cinq millions de décès, neuf millions de nouveaux cas, bientôt vingt, selon l'OMS.

Contre ce fléau, les plans et les promesses ne manquent pas. Mais lorsqu'il faut passer aux mesures concrètes de lutte, celles qui demandent de l'argent, il n'y a plus personne. Le premier sommet contre le cancer, l'an passé, avait été marqué par la signature de la Charte de Paris, faisant de la lutte contre le cancer une priorité mondiale, et en France par ce que les journalistes appellent "un ambitieux plan anti-cancer, doté de 700 millions de francs sur cinq ans". On pouvait estimer que c'était peu, comparé aux sommes gaspillées dans le Charles-de-Gaulle ou le Rafale. Mais surtout on constate maintenant que ce plan "tarde à se concrétiser".

Les médecins et les chercheurs dénoncent le peu de spécialistes formés dans cette filière peu lucrative. Selon un chef de service de la Pitié- Salpêtrière, à Paris, "dans dix ans, la pénurie sera terrible". L'an passé, le gouvernement avait annoncé 11 millions pour créer des postes dans les hôpitaux : les seuls qui ont été créés, une trentaine, ont été financés par une association.

Dans le domaine du matériel, c'est la même chose. En mars 2000, Martine Aubry avait annoncé une centaine d'IRM (imagerie par résonance magnétique) supplémentaires : rien n'est venu. On manque d'IRM et de scanners. Les délais pour un examen radiologique en urgence sont en moyenne de 40 jours. Le dépistage systématique du cancer du sein, annoncé pour 2001, n'est pas réalisé. Des milliers de femmes ne seront pas soignées au stade précoce qui leur donnerait les meilleures chances de guérison.

En visite début février à l'Institut Gustave-Roussy de Villejuif, Chirac affirmait que "le cancer devait mobiliser la totalité de nos moyens intellectuels, financiers, de recherche". Pour un problème qui concerne la santé et la vie de millions de gens, ce ne sont que de beaux mots. Le bel argent, lui, c'est aux bourgeois qu'il va, aux industriels, aux spéculateurs, aux marchands de canons aussi. La santé des profits, pour les gens qui nous gouvernent, ça n'a pas de prix.

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