Belgique : Les patrons en veulent encore plus16/02/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/02/une-1701.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans le monde

Belgique : Les patrons en veulent encore plus

Les travailleurs belges sont actuellement confrontés à des suppressions d'emplois massives dans le cadre des privatisations des services publics.

La Sabena a subitement annoncé être au bord de la faillite et le groupe SAir, qui en détient déjà 49,5 %, a menacé de se retirer et de renoncer à porter sa participation à 85 % l'année prochaine comme c'était prévu. Pourtant le nombre de passagers a doublé entre 1995 et 2000 et la compagnie s'est offert grâce à l'État 34 nouveaux Airbus pour 8,3 milliards de francs. Cela n'a pas empêché l'État belge de promettre 650 millions de francs supplémentaires "d'aides" aux actionnaires.

Certains commentateurs évoquent un "mauvais management", ou des problèmes de digestion des entreprises achetées par SAir Group. Mais ce chantage sur le personnel semble plus être le moyen choisi par les actionnaires de réduire encore les frais de personnel de la Sabena et d'obtenir des cadeaux de l'État belge consentant. Car les actionnaires maintiennent leur pression, exigent 700 à 800 nouveaux licenciements, et de nouvelles réductions de salaires... et menacent de ne pas payer les salaires fin février.

Dans les autres entreprises d'État et services publics, les travailleurs font aussi les frais des privatisations à venir.

Dans le cadre de la restructuration qui doit préparer la privatisation de la Poste, 9 000 à 13 000 suppressions d'emplois sont prévues, pendant que l'État finance la plus grosse partie de la modernisation des centres de tri et de l'informatisation complète de la Poste.

A la SNCB, la société nationale des chemins de fer, on ne parle pas (encore) de licenciements, mais il y a un tel frein à l'embauche que les conducteurs ont accumulé plus de 100 000 heures supplémentaires. Et ils se demandent bien quand ils pourront les récupérer... Pendant ce temps, des grands travaux de TGV et de nouvelles lignes pour le transport de marchandises ont été mis en chantier aux frais de l'État et la société est divisée en "business units" pour la privatiser morceau par morceau.

Belgacom se prépare à la deuxième moitié de sa privatisation... avec une deuxième vague de licenciements. Plus de 6 000 emplois ont déjà été supprimés. Aujourd'hui, 4 000 autres pourraient suivre. Des travailleurs de plus de 50 ans, ayant encore des statuts stables des services publics, peuvent partir. Mais si des jeunes sont embauchés pour les remplacer, ils le seront avec des contrats bien plus précaires.

Enfin, Electrabel est une société privée ; elle a été achetée pour moitié par la Lyonnaise des Eaux française. Mais les centrales nucléaires qui fournissent l'électricité vendue par Electrabel ont été largement financées par l'État. L'entreprise annonce se préparer à la prochaine libéralisation du marché de l'électricité en supprimant entre 1 800 et 2 500 postes.

Une riposte de l'ensemble des travailleurs des entreprises d'État, des services publics et des groupes privés est nécessaire pour stopper les suppressions d'emplois et les licenciements massifs annoncés, ainsi que le pillage des caisses d'État par les actionnaires privés.

Le personnel de la SNCB participe en nombre aux fréquentes actions - sans lendemain - lancées par les syndicats. Les employés de la Poste ont fait deux jours de grève très bien suivie en septembre, mais les syndicats se sont arrêtés là. Le personnel de la Sabena a participé à plusieurs mouvements, et les pilotes viennent de faire une journée de grève surprise. Mais les syndicats se gardent bien de coordonner tous ces mouvements, qui ont pourtant les mêmes causes et les mêmes objectifs.

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