Renault Sovab - Batilly (Lorraine) : Les salaires à l’ordre du jour29/12/20002000Journal/medias/journalnumero/images/2000/12/une-1694.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Renault Sovab - Batilly (Lorraine) : Les salaires à l’ordre du jour

400 Francs de plus par mois, c'est la deuxième augmentation en un an pour l'équipe de nuit de la Sovab à Batilly. La première - d'un montant équivalent - a eu lieu en mai, suite à une grève de plusieurs jours. La deuxième vient d'être accordée suite à une nouvelle modification des horaires : l'absentéisme élevé de la nuit de vendredi où les travailleurs faisaient 9 heures a contraint la direction à modifier les horaires impliquant cette nouvelle augmentation de salaires.

Selon l'accord d'entreprise de la Sovab, les salariés qui travaillent plus de 6 heures entre 22 heures et 6 heures du matin ont droit à une majoration de salaire de 25 %. C est pour l'éviter que lors de l'application des 35 heures la direction concocta un horaire particulièrement dément : début de poste à 20 h 30 le soir ne faisant travailler l'équipe de nuit que 5 h 52 pendant la tranche horaire donnant droit à majoration.

Ce démarrage de la nuit trop tôt en soirée avait provoqué une grève de plusieurs jours en mai dernier (voir LO n°1663 du 26 mai 2000) qui avait abouti à faire reculer la prise de poste d'une demi-heure, à 21 heures. Mais la direction ne voulant pas payer une majoration en décalant les horaires vers le matin, elle imagina de faire travailler une demi-heure en moins les quatre premiers jours de la semaine... pour les faire récupérer dans la nuit du vendredi au samedi. Du coup, seule la nuit du vendredi au samedi était payée en majoration de 25 %, soit un gain mensuel de plus de 400 F pour les travailleurs.

Mais au fil des semaines, cette dernière nuit de 9 heures après une semaine de boulot rendait malades bien des travailleurs de nuit qui ne supportaient pas cet horaire. Et, la nuit, on parlait de se remettre en grève contre le nouvel horaire. De son côté, la direction avait parfois du mal à faire tourner ses chaînes tellement il manquait du monde le vendredi soir! Un moment elle envisagea le travail de l'usine en 3x8 mais cela suscita un tel tollé dans les équipes de jour qu'elle y renonça.

Finalement, la direction a proposé 5 nuits égales toutes majorées à 25 %, ce qui amène, moyennant la suppression des différentes primes accordées depuis l'instauration de l'équipe de nuit, à une nouvelle augmentation des salaires de 400 à 500 F pour l'équipe de nuit. Cela a été ressenti comme une petite victoire par les travailleurs : c'était ce qu'ils souhaitaient.

Un niveau élevé des commandes pour les années à venir, des délais de livraison très longs, un parc plein à craquer de véhicules en retouche la direction a vraiment, mais vraiment besoin de leur travail. Et elle a aussi vraiment, mais vraiment les moyens d'augmenter les salaires.

Les travailleurs sentent bien tout cela. Et dans une usine où la moyenne d'âge est de 29 ans (il y a eu 1 000 embauches, l'effectif total est de 3 400 salariés dont 985 intérimaires), la question de l'augmentation générale des salaires pourrait revenir très vite sur le tapis ou plutôt sur les ronds-points : ceux qu'il est devenu habituel d'occuper pour bloquer l'usine.

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