Pour le «retour à l’emploi» : Les chômeurs devront encore attendre08/12/20002000Journal/medias/journalnumero/images/2000/12/une-1691.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Leur société

Pour le «retour à l’emploi» : Les chômeurs devront encore attendre

Dans les jours qui viennent, le gouvernement devrait donner officiellement son aval pour l'entrée en application du nouveau système régissant l'assurance chômage : le Plan d'Aide de Retour à l'Emploi, le PARE.

Il n'y a pas à s'en glorifier. Car ce n'est certainement pas sur cet accord que les 2,3 millions de chômeurs (en reprenant les chiffres discutables du gouvernement) devront compter pour trouver un emploi

Le cinéma lancé par le syndicat des patrons, le MEDEF, autour de sa «refondation sociale» dont le PARE est un des fleurons, ne changera rien au fait que si les chômeurs peuvent cesser de l'être, ils ne pourront l'attendre de la pseudo-bienveillance du patronat, même s'il a la bénédiction de Jospin.

Dans le dispositif que se prépare à avaliser le gouvernement il n'y a rien pour contraindre les patrons à embaucher, sans parler même d'embaucher à un salaire correct et à contrat à durée indéterminée. Même pas des sanctions et des contraintes contre l'emploi des heures supplémentaires en masse.

Et puis comment ose-t-on se glorifier d'une situation qui voit la grande majorité des sans-emplois rester exclus de ce système d'aides, tout comme elle l'était du système précédent, puisque seuls un peu plus de 40% des demandeurs d'emploi officiels resteront indemnisés, sans parler de ceux qui ne sont même pas recensés parce qu'ils font un petit job de quelques heures par semaine.

La seule chose concrète qui va sortir de cet accord, alors que les fortunes patronales et bourgeoises explosent, c'est encore un cadeau au patronat, au travers d'une baisse de cotisations de plusieurs milliards qui pourrait mettre le système d'indemnisation à mal à cause du déséquilibre financier qu'il pourrait entraîner. La suppression de la dégressivité des indemnités Assedic qui était la seule vraie nouveauté par rapport à la situation antérieure pourrait s'envoler aussi vite qu'elle est venue. Quant à l'indemnisation des chômeurs elle restera, malgré les excédents financiers annoncés (qui sont le résultat des mesures restrictives existantes) toujours aussi insuffisante, toujours aussi limitée dans le temps. Et au gré de ce que décidera l'ANPE, en fonction des pressions gouvernementales, des dizaines de milliers de chômeurs se retrouveront chaque année, tout autant que par le passé, radiés de leurs droits

Le gouvernement avalise une situation qui voit aujourd'hui encore près de 500 000 chômeurs en fin de droits devoir se contenter de 2500 francs par mois pour survivre, sans parler de près d'un million d'allocataires du RMI, qui pour la majorité ne sont même plus recensés comme demandeurs d'emploi officiels.

Pour éradiquer le chômage, la misère qu'il entraîne et la pression à la baisse des salaires pour tous les salariés qu'il provoque, il faudra une politique qui permette à la classe ouvrière de récupérer son dû sur les richesses qu'elle produit. Car on constate aujourd'hui que, malgré «la reprise» tant vantée, les salaires restent à la traîne ce qui prouve que le patronat continue d'avoir l'initiative. Et pour renversre la vapeur, il faudra la riposte du monde du travail.

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