Salaires des fonctionnaires : Le gouvernement ne propose que des miettes24/11/20002000Journal/medias/journalnumero/images/2000/11/une-1689.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Leur société

Salaires des fonctionnaires : Le gouvernement ne propose que des miettes

Mardi 21 novembre ont commencé les négociations salariales dans la Fonction publique. La dernière augmentation de ces salaires remonte à décembre 1999, et avait été de 0,8 %. Il s'agirait cette fois-ci de fixer l'évolution des salaires pour 2000, 2001 et 2002.

Le gouvernement aurait l'intention, comme pour la période précédente, d'accorder des augmentations de salaire égales à la hausse prévue de l'inflation, soit 1,6 % pour 2000 et 1,2 % pour 2001. Encore fait-il valoir que, pour l'année 2000, les fonctionnaires auraient pris de l'avance et auraient déjà "touché" 1,1 % de plus que l'augmentation de l'indice des prix. Le précédent accord aurait en effet surestimé l'évolution de cet indice. Il ne resterait donc plus que 0,5 % à percevoir. Voilà qui illustre l'état d'esprit dans lequel le ministre de la Fonction publique engage cette discussion.

C'est dérisoire. Pour des salaires de 7 000 ou 8 000 F par mois, ceux des postiers ou des aides-soignantes par exemple, cela fera 35 ou 40 F de plus sur la feuille de paye dans quelques mois. La seule augmentation du prix de l'essence, ou du chauffage au gaz ou au fuel, aura coûté bien plus.

Le pire, c'est que cela vient s'ajouter à des années de perte du pouvoir d'achat. Depuis 1983, le point qui sert à calculer le salaire de base des fonctionnaires a perdu, selon les propres chiffres du ministère, 10 % de sa valeur par rapport à l'indice de l'INSEE. Encore n'est-ce qu'une indication sous-estimée de la baisse. Le minimum des salaires dans la Fonction publique, qui concerne plusieurs centaines de milliers de salariés de l'Etat, est aujourd'hui en dessous du SMIC, celui-ci n'étant alors atteint qu'en y ajoutant des primes.

Depuis des années l'Etat, comme les patrons privés, utilise la pression du chômage pour diminuer les revenus de ses salariés. Les gouvernements de gauche et de droite se sont relayés pour dire aux fonctionnaires qu'ils avaient déjà bien de la chance d'avoir un emploi garanti. Exactement comme les patrons privés serinaient à leurs salariés que, s'ils n'étaient pas contents de leurs salaires, l'entreprise allait couler... Et aujourd'hui, alors que le gouvernement se flatte, mois après mois, de ses chiffres sur la baisse du chômage, il utilise encore ces vieilles recettes. Jospin et Fabius se félicitent que la soi-disant reprise économique ne se traduise pas par des augmentations de salaires, et ils entendent bien donner l'exemple en la matière.

Mais après des années de baisse de leurs revenus, ce qui est à l'ordre du jour pour les cinq millions de salariés de la Fonction publique n'est pas les quelques dizaines de francs dont Michel Sapin voudrait leur faire l'aumône. Ce n'est pas le simple maintien d'un pouvoir d'achat considérablement amputé dans la période précédente. C'est au moins la récupération de tout ce qui leur a été volé, et qui se chiffre en milliers de francs par mois, comme pour tous les travailleurs de ce pays.

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