Rhodia Saint-Fons (69) : Grève pour des embauches03/11/20002000Journal/medias/journalnumero/images/2000/11/une-1686.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Rhodia Saint-Fons (69) : Grève pour des embauches

A l'usine Rhodia Engineering Plastics de Saint-Fons, il a fallu 56 heures consécutives d'arrêt de production pour que des discussions s'engagent sur les revendications des ouvriers postés.

Nous fabriquons du plastique technique en polyamide sur des installations qui tournent jour et nuit. Depuis des mois, un nouveau plan industriel se préparait. L'accroissement des capacités de production, principalement après les travaux de cet été, a rendu les conditions de travail insupportables et dangereuses pour notre santé.

Après des protestations, une heure de débrayage et une délégation, la direction acceptait de nous joindre deux intérimaires par équipe pour " pallier les difficultés momentanées ". Ce n'était pas ce que nous demandions. Nous voulions des postes supplémentaires occupés par des salariés en CDI et non des postes précaires qui pouvaient être remis en cause à tout bout de champ.

Et ceci d'autant plus qu'un des ateliers de l'usine est en train de fermer, avec des postes occupés par des travailleurs intérimaires que nous connaissons bien puisque présents à l'usine depuis plus de deux ans et qui vont se retrouver dehors.

Après consultation du personnel, la grève était décidée le mercredi 25 octobre à 21 heures et suivie par une grande majorité des postés de quatre équipes. Le vendredi 27, alors que le travail devait reprendre, les travailleurs du matin décidaient de continuer le mouvement, suivi par les équipes suivantes, jusqu'au samedi 5 heures.

Du coup, le vendredi soir, la direction annonçait d'autres propositions : elle acceptait la création d'un groupe de travail comprenant les syndicats, les opérateurs, la maîtrise, un représentant de la direction et le service sécurité. Après étude des postes de travail, les conclusions de ce groupe seraient appliquées et les intérimaires embauchés en priorité.

Après de nombreuses discussions, parfois houleuses, car personne ne fait confiance à la direction, les grévistes décidaient de suspendre leur mouvement. Ils donnaient une dernière chance à la direction, et promettaient que, si des embauches n'avaient pas lieu d'ici à la fin de l'année, le mois de décembre serait mouvementé.

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