Les profits des banques avant la vie des convoyeurs03/11/20002000Journal/medias/journalnumero/images/2000/11/une-1686.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Les profits des banques avant la vie des convoyeurs

Une nouvelle fois un convoyeur de fonds a été abattu samedi 28 octobre au cours d'opérations de transfert financier pour le compte d'une banque qui n'avait rien aménagé pour assurer, un tant soit peu, la sécurité des convoyeurs.

C'est pourtant à la suite d'un drame similaire, où des crapules n'hésitent pas à tuer de sang-froid ces salariés pour récupérer l'argent qu'ils transportent, qu'on avait vu au printemps dernier les convoyeurs se révolter contre les conditions d'emploi qu'on leur imposait. A l'issue du conflit, où ceux-ci avaient gagné une prime mensuelle de 1 000 francs, le gouvernement avait promis de promulguer des lois qui obligeraient les donneurs d'ordre, banques, grandes surfaces, etc., à faire des aménagements (en particulier des sas spécifiques) limitant les risques d'agression sur les convoyeurs.

Déjà la loi prévoyait que ces malheureuses grandes compagnies riches à milliards disposeraient de deux ans pour se mettre en conformité. Mais encore aurait-il fallu que le gouvernement, par la biais du ministre de l'Intérieur, publie les décrets d'application pour que le délai commence au moins à courir. Mais le gouvernement n'a pas bougé, malgré toutes les déclarations faites la main sur le c.ur par tous les ministres au moment du conflit. Car, comme l'expliquait sans honte après la mort de ce dernier convoyeur le ministre de l'Intérieur, Daniel Vaillant : " Nous ne pouvons pas publier ces décrets d'application avant que les banques nous aient fait savoir les problèmes que cela leur poserait, nous avons prévu de continuer à négocier en espérant conclure pour la fin de l'année ! "

En somme, quelques morts en plus chez les convoyeurs, c'est quantité négligeable pour le gouvernement, même après ce nouveau drame. Et pourtant il ne s'agit que de quelques travaux mineurs pour ces puissances financières qui contrôlent grâce aux gouvernements l'argent de tous les salariés.

La peau d'un salarié qui gagne à peine plus de 6 000 francs net par mois ne pèse pas lourd face à la perspective d'écorner un tout petit peu le portefeuille des banques. Alors les convoyeurs ont mille fois raison d'être en colère face à la rapacité des uns et à l'hypocrisie des autres.

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