Hausse du gaz et rideau de fumée03/11/20002000Journal/medias/journalnumero/images/2000/11/une-1686.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Leur société

Hausse du gaz et rideau de fumée

Le prix du gaz vient d'augmenter, le 1er novembre, de 13 %. Il avait déjà subi une hausse, le 12 juillet de cette année, de 6,8 %, après des années de lente diminution. Il devrait encore augmenter au printemps prochain et l'augmentation à venir serait en définitive de 25 à 30 % (Gaz de France souhaite 30 %). Mais comme le prix du gaz est indexé sur celui du pétrole, la hausse dépendra donc du prix du baril.

On nous présente cette hausse comme inévitable, car " mécaniquement " liée au pétrole, ou résultant d'accords internationaux, ou liée à la hausse du dollar. Mais tout ceci n'est qu'un rideau de fumée.

Gaz de France ne produit quasiment pas de gaz naturel, et doit donc l'acheter sur le marché international, et les prix du gaz augmentent partout.

Est-ce à dire qu'il y aurait raréfaction, comme on l'a prétendu (faussement) pour le pétrole ? Pas du tout ; au contraire, le gaz naturel est toujours considéré comme " l'énergie de l'avenir ", celle du XXIe siècle. Les réserves prouvées dépassent soixante ans de consommation, et les pays qui " sortent " (ou prétendent sortir pour être plus exact) du nucléaire envisagent de remplacer les centrales atomiques par des centrales au gaz naturel.

Dans le cas du pétrole on accuse volontiers les pays de l'OPEP, en " oubliant " que dans ces pays-là (et surtout dans le transport, le raffinage et la distribution à l'échelle mondiale) ce sont les grandes compagnies, les six " majors " (autrefois sept, avant que deux d'entre-elles ne fusionnent) qui contrôlent tout.

Dans le cas du gaz, les pays de l'OPEP sont beaucoup moins représentés. Le premier producteur, et de loin, est le russe Gazprom. L'ex-URSS détient plus du tiers des réserves mondiales, et les principaux pays producteurs sont, dans l'ordre, la Russie, les Etats-Unis, le Canada (qui exporte sa production aux USA) l'ensemble des pays riverains de la mer du Nord (Grande-Bretagne, Pays-Bas, Norvège), et ensuite le Moyen-Orient (lequel a tout de même d'énormes réserves, juste après la Russie).

Certains pays producteurs ont des compagnies d'Etat : Gazprom, Sonatrach pour l'Algérie, Pemex au Mexique, etc., plus ou moins liées aux capitaux privés. Mais dans le domaine du gaz naturel, comme dans celui du pétrole, ce sont les mêmes " majors " qui font la loi. Non seulement ce sont les mêmes, mais les trusts du pétrole ont déjà acheté ces dernières années des compagnies d'électricité, afin de leur vendre " en interne " leur gaz naturel.

Ce n'est ni la Russie ni l'Algérie, qui sont à l'origine de la hausse actuelle (et à venir). Ces pays profitent bien entendu de l'augmentation des tarifs, mais ils n'étaient pas en état de l'imposer. Ce sont les trusts du pétrole, qui ont, de concert comme à leur habitude, décidé d'augmenter les prix internationaux, derrière ceux du pétrole, en invoquant ce fameux argument de " l'indexation sur les prix du pétrole " qui n'est rien d'autre qu'une décision de leur part !

Gaz de France achète principalement son gaz à la Russie (environ un tiers), puis aux pays de la mer du Nord, puis à l'Algérie. Et là-dedans on aimerait savoir ce que GDF paiera aux trusts, et en particulier à TotalFinaElf, gros producteur de gaz...

Pour les consommateurs, et surtout pour les familles modestes, cette hausse est parfois catastrophique. La facture du chauffage est un des gros postes du budget. Beaucoup avaient déserté le " tout électrique " trop cher, pour se rabattre sur le chauffage au fioul ou au gaz. Or le fioul vient de grimper énormément (et ce n'est peut-être pas fini), et le gaz naturel à son tour est en pleine ascension.

Ajoutons que dans la plupart des pays où l'électricité est fabriquée dans des centrales thermiques fonctionnant au gaz naturel, il faut s'attendre logiquement à une hausse des prix de l'électricité !

Bref, les grands trusts du pétrole, après avoir entassé des milliards de profits avec la hausse du pétrole, doublent leur opération avec le gaz.

Et les gouvernements impérialistes du monde entier laissent évidemment faire, car partout ce sont les " majors " qui commandent.

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