SNECMA Gennevilliers (92) : En grève pour les salaires !13/10/20002000Journal/medias/journalnumero/images/2000/10/une-1683.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

SNECMA Gennevilliers (92) : En grève pour les salaires !

Depuis le lundi 9 octobre, environ deux cents ouvriers de l'usine SNECMA Gennevilliers sont en grève reconductible. L'usine compte 2200 salariés dont un millier d'ouvriers. Les grévistes réclament 1 000 francs d'augmentation. La grève survient quelques jours après celle des salariés du GRECO (une entreprise extérieure spécialisée dans le graissage des machines) qui avait arraché 1 000 F d'augmentation après deux jours de grève, ou encore celle des Berthiez, un secteur de la Mécanique qui lui aussi avait posé le problème des augmentations, sans rien obtenir de palpable. Mais ce sont ces mouvements qui ont changé l'atmosphère de l'entreprise.

Les discussions sur les salaires étaient donc permanentes déjà depuis quelque temps. A un moment où l'entreprise affiche des bénéfices records (2,09 milliards de francs en 1997 et 5,34 milliards de francs l'année dernière) bon nombre de travailleurs considèrent qu'avec une telle cagnotte la SNECMA peut et doit payer.

La grève est partie dans deux secteurs de l'usine, le TTH, un petit secteur de l'unité de Mécanique et surtout dans plusieurs autres secteurs des Forges (Parachèvement, Ajustage, Finition, Plasma) où les grévistes sont les plus nombreux.

La grève a été votée dès le lundi matin à plus de 35 aux TTH et à plus de 150 aux Forges. Immédiatement un comité de grève s'est mis en place, regroupant douze grévistes des Forges. Le comité s'est ensuite élargi dans la journée à des grévistes d'autres secteurs, finissant par compter vingt personnes.

Ce comité de grève, élu par les assemblées de grévistes, s'est donné l'objectif de tout faire pour rallier à la grève d'autres secteurs de l'usine. Le comité et les grévistes ont donc circulé dans l'usine toute la journée de lundi et de mardi, discuté dans les ateliers pour convaincre d'autres travailleurs de s'associer à la grève,

Mardi matin, lors d'un débrayage appelé par les syndicats CGT et CFDT, les grévistes de 24 heures et le comité de grève se sont exprimés pour expliquer les raisons de leur grève et la nécessité pour d'autres de s'y rallier.

Devant le peu d'empressement des principales organisations syndicales à peser pour la grève de 24 heures reconductibles, le comité de grève a lancé une adresse aux syndicats pour qu'ils appellent franchement l'ensemble de l'usine à la grève. Pour l'instant, seule la CFDT y a répondu favorablement. La CGT pour sa part, majoritaire dans l'usine, n'y a pas encore donné suite. Elle se contente pour l'heure d'appeler à des débrayages et certains de ses responsables mettent en avant des revendications sectorielles.

La détermination des grévistes reste entière. C'est dans les jours à venir que se jouera l'extension. Les grévistes feront tout pour qu'elle réussisse.

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