Lever (Haubourdin - Nord) : On ne se laissera pas faire !29/09/20002000Journal/medias/journalnumero/images/2000/09/une-1681.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Lever (Haubourdin - Nord) : On ne se laissera pas faire !

Dans la région lilloise, les travailleurs de chez Lever, Alstom, Bénédicta, Nortène, toutes entreprises où sont prévues des suppressions d'emplois, avaient décidé de s'inviter devant la mairie de Lille pour un barbecue géant. Le temps clément s'y prêtant, nous étions près de 300 à pique-niquer là, vendredi 22 septembre.

Mais il y avait beaucoup d'autres " invités " en uniforme pour nous tenir à l'écart des fenêtres de Pierre Mauroy et Martine Aubry qui n'appréciaient guère notre présence.

Certains policiers ont même fait remarquer que la manifestation des masseurs-kinésithérapeutes, trois jours auparavant, n'avait pas eu droit à un accueil aussi musclé. Ils avaient pourtant bloqué la circulation du périphérique, puis la Caisse d'Assurance Maladie, pendant plusieurs heures.

Les patrons de super et hypermarchés de l'agglomération de Lille faisaient aussi la grimace quand nous sommes arrivés.

Nous sommes repassés plusieurs fois les aider à vider les rayons de la plupart des produits Unilever et les reconduire dans les réserves. Certains ont compris et mis une affichette pour prévenir leurs clients que " suite à une manifestation des employés de la société Lever " certains produits ne seraient pas disponibles.

Ce n'est pas un boycott des produits d'une entreprise qui licencie - il faudrait alors boycotter quasiment tous les produits des magasins - mais un moyen de faire savoir à la direction de Lever que nous ne nous laisserons pas faire sans réagir.

L'accueil du personnel des magasins est toujours très complice. Vu leurs conditions de travail, la précarité, les horaires et les salaires, il est naturel qu'il y ait une solidarité spontanée.

La technique s'améliorant à l'usage, ce sont maintenant de petits meetings qui sont tenus avec les clients, la plupart du temps des salariés comme nous. Et quand on dit qu'on est plus fort quand on se met ensemble pour se défendre, même quand on a des revendications qui peuvent paraître différentes, cela touche.

Quant à la pétition contre les licenciements à Unilever, l'objectif des 25 000 est pratiquement atteint, soit autant que de suppressions d'emplois prévus par la multinationale.

Et comme en ce moment nous n'usons pas nos forces à produire - à peine 15 % de la production habituelle - nous avons de l'énergie pour nous défendre encore longtemps !

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