Alstom (La Courneuve - Seine-Saint-Denis) : Un délégué menacé de licenciement, une provocation patronale30/06/20002000Journal/medias/journalnumero/images/2000/06/une-1668.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Alstom (La Courneuve - Seine-Saint-Denis) : Un délégué menacé de licenciement, une provocation patronale

A l'Alstom, la direction, non contente de vouloir continuer à appliquer son plan de licenciements, s'en prend à un délégué qu'elle veut licencier !

A l'usine de La Courneuve dans le cadre des actions contre le plan de licenciements, nous avions fait grève et manifesté au siège de notre filiale, le 15 juin. Alors que l'entreprise était bloquée par les salariés à La Courneuve, un directeur avait voulu pénétrer malgré tout. C'est à cette occasion qu'il a accusé Jean-Paul Gady, délégué central du syndicat FO, d'avoir proféré des menaces à son égard, constatées par un huissier plus que complaisant.

En fait, il s'agit là d'un coup monté par ce directeur, qui a l'habitude de comportements arrogants et qui n'en est pas à sa première provocation. Son attitude est couverte par la direction générale qui ne l'a pas désavoué. Il y aurait eu " violence " prétendent-ils... Comme si la pire violence n'était pas de vouloir priver de leur salaire des centaines de travailleurs du site !

La scandaleuse attitude de la direction n'est pas restée sans réponse. Depuis mardi 20 juin, jour où notre camarade a reçu la lettre le convoquant à un entretien préalable à son licenciement, nous sommes en grève dans deux des établissements du site de La Courneuve, LCA et les Travaux Extérieurs. Il est bien sûr évident que cette répression est indissociable de la lutte contre les licenciements et les suppressions d'emplois à l'Alstom, et en particulier de la disparition programmée de LCA, ainsi que d'autres sites du groupe dont celui de Lys-lez-Lannois, dans le Nord, près de Roubaix.

Chaque jour, nous montons à la direction accompagnés de travailleurs de Rateau, autre entreprise Alstom du même site, et tous ensemble nous exigeons le retrait de la procédure et dénonçons la vraie violence qui nous est faite, les licenciements annoncés. Ainsi le vendredi 23 juin, lors d'un rassemblement à la porte, 70 camarades de Saint-Ouen, eux aussi menacés d'un plan de licenciements, sont venus exprimer leur solidarité et leur exigence de l'arrêt de tout plan de suppressions d'emplois dans le groupe.

Le lundi 26, la direction campait sur ses positions. Et le lendemain mardi, les travailleurs de Lys-lez-Lannois et ceux de La Courneuve sont intervenus, sans y être invités, au Comité de groupe qui se tenait dans les salons luxueux du Pavillon Dauphine, Porte Dauphine. Les membres de la direction étant arrivés après les premiers grévistes occupant les lieux, elle a pu s'éclipser, et rebrousser chemin. Mais elle a quand même manqué les petits fours. Et le fait que nous soyons rentrés en cortège par l'Avenue Foch pour aller rendre visite au siège n'était pas fait pour lui plaire. Finalement l'entrevue avec une délégation qu'elle a dû recevoir n'a rien donné.

Face à la colère des travailleurs, face à la protestation qui s'est exprimée par des télex, motions, aux prises de positions venues des quatre coins du pays, il faudra bien qu'Alstom recule. Un trust arrogant, qui accumule les milliards de bénéfices en même temps que les suppressions d'emplois et veut en plus se débarrasser des délégués, cela ne doit pas être toléré.

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