France Télécom : L'abonnement toujours plus cher02/06/20002000Journal/medias/journalnumero/images/2000/06/une-1664.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Leur société

France Télécom : L'abonnement toujours plus cher

Certaines agences de France Télécom, notamment à Paris et en Seine-Saint-Denis, ont reçu comme consigne d'imposer de nouvelles contraintes à ceux qui demandent l'ouverture d'une ligne de téléphone : soit le paiement d'une caution de 1 400 francs, soit le prélèvement automatique. Ceux qui refusent ces conditions n'obtiennent qu'une " ligne restreinte " qui ne donne accès qu'aux " numéros d'urgence " et aux " numéros verts " : il est possible d'appeler les pompiers ou police secours, mais pas ses proches ou son médecin... Voilà à quoi se résume l'obligation de service public de France Télécom.

La direction de l'entreprise justifie cette mesure par la chasse aux mauvais payeurs, ajoutant qu'en Seine-Saint-Denis, le taux d'impayés est plus du triple de la moyenne nationale. En réalité, c'est avant tout les pauvres qui sont touchés, les mêmes qui ont subi de plein fouet l'évolution des tarifs de France Télécom ces dernières années. En fait, sans le dire ouvertement, sous prétexte de faire la chasse aux mauvais payeurs potentiels, on exclut les plus pauvres d'un service qui mérite de moins en moins le qualificatif de public.

Alors que le tarif des communications a baissé, celui des abonnements n'a cessé de grimper, passant de 45,76 F par mois à 52,80 F en 1996, puis à 68 F en 1997 et à 78 F depuis février 1999. Le poids de la facture s'est donc alourdi pour ceux qui sont obligés de restreindre leurs coups de fil mais qui, de toutes façons payent l'abonnement.

Ces augmentations de prix ont été décrétées avec l'autorisation de l'autorité de tutelle, autrement dit du gouvernement. Pour se dédouaner, celui-ci a proposé une loi instituant un " abonnement social ". Celle-ci a été votée en 1996. Théoriquement, France Télécom devait créer, avec les nouveaux opérateurs de téléphone, un fonds destiné à alléger la facture des RMIstes, des chômeurs en fin de droit et des handicapés. Quatre ans après, les " bénéficiaires " n'en ont toujours pas vu la couleur. Il a fallu attendre mars 1999 pour que paraisse un décret d'application. Et il n'a pas été suivi d'application concrète ! C'est seulement pour juillet prochain (en fait à partir de la facture d'août) qu'est annoncée la mise en route de cet abonnement qui sera réduit de 33 F sur les 78 F. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ni le gouvernement, ni France Télécom ne se pressent d'appliquer une mesure pourtant bien modeste et qui ne coûte que des peccadilles à une société riche à milliards.

Depuis quatre ans, le gouvernement n'a institué ni caution, ni prélèvement automatique sur France Télécom et sur les autres opérateurs pour que les foyers concernés, plus de deux millions, puissent disposer immédiatement de la réduction de leur tarif d'abonnement. Ce genre de contrainte, il la réserve aux pauvres.

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