La Poste- Centre de tri (Nanterre - Hauts-de-Seine) : Les nouveaux horaires ne passent pas !26/05/20002000Journal/medias/journalnumero/images/2000/05/une-1663.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

La Poste- Centre de tri (Nanterre - Hauts-de-Seine) : Les nouveaux horaires ne passent pas !

Au centre de tri de La Poste de Nanterre, on apprenait mardi 16 mai qu'une brigade de nuit (environ 80 personnes) était partie massivement en grève avec comme principale revendication le retour aux brigades " traditionnelles ". C'est dire si l'évolution récente n'a pas été dans le sens d'une amélioration des conditions de travail !

Depuis quelque temps en effet, La Poste a comme politique de modifier sensiblement l'organisation du travail en mettant en place de nouvelles brigades dont les horaires et la périodicité sont plus contraignants. Ces brigades sont systématiquement proposées (ou plutôt imposées !) aux plus jeunes et aux nouveaux arrivants, tandis que les brigades traditionnelles se vident progressivement par le jeu des départs et des mutations.

Le problème est devenu encore plus sensible avec les premières annonces concernant l'ARTT, certaines brigades ne bénéficiant d'aucune réduction du temps de travail sous prétexte que la durée moyenne du temps de travail (avec des variations importantes d'une semaine à l'autre) est déjà inférieure à 35 heures.

Les grévistes qui se sont relayés pour faire le piquet devant le centre, et qui ont envoyé plusieurs délégations au centre de tri voisin à Issy-les-Moulineaux, étaient bien vus même si l'extension du mouvement a été difficile. Le ras-le-bol était là, visible. Car si le trafic a eu plutôt tendance à augmenter, les effectifs - eux - ont diminué sensiblement. Les aménagements d'horaires finiront par concerner tout le monde !

Mais dès le départ la direction a tout fait pour tenter d'impressionner les grévistes et les autres, en n'hésitant pas à se faire accompagner systématiquement par un huissier. Dimanche matin 21 mai à 5 h, en grande tenue de jogging et accompagné par ses pairs d'Issy-les-Moulineaux et de la Défense, le directeur adjoint du centre de Nanterre a même joué les gros bras pour forcer le passage afin de laisser entrer une vingtaine de camions... Et lundi matin les sanctions pleuvaient pour " délit d'entrave ".

Dans l'après-midi le centre était fermé, les non-grévistes étant renvoyés sur d'autres centres de la région. Dans la soirée une assemblée générale décidait la reprise du travail en obtenant de la direction son engagement sur la création de quinze postes en brigades traditionnelles, la levée de toutes les sanctions et l'assurance (verbale) que les stagiaires - nombreux à participer à ce mouvement - ne seraient pas sanctionnés plus tard au moment de leur titularisation.

La direction de Nanterre a mis le paquet pour faire cesser la grève. Mais en cédant - même un tout petit peu - elle a aussi montré qu'elle craignait la détermination des grévistes.

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