Michelin " régule " les emplois à sa façon12/05/20002000Journal/medias/journalnumero/images/2000/05/une-1661.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Leur société

Michelin " régule " les emplois à sa façon

Il y a quelques mois, lors de l'annonce par Michelin de 7 500 suppressions d'emplois en Europe sur trois ans, soit 10 % des effectifs, couplée à l'annonce dans le même temps d'une hausse de 17 % de son bénéfice semestriel, Jospin n'avait rien su faire d'autre que d'avouer son impuissance, renvoyant la balle aux salariés qui pouvaient, osait-il déclarer, toujours se mobiliser. Puis, pour essayer de corriger ce qui est apparu comme une bévue (il avait à l'époque prétendu qu'il avait fait un lapsus, alors que ce n'était, en bout de compte, qu'un excès de franchise), il avait évoqué, deux semaines plus tard, devant les dirigeants du PS, la nécessité de " réguler " les agissements des grosses sociétés capitalistes, afin d'en corriger les excès. La machine parlementaire s'est alors laborieusement mise en branle. La commission des Finances a planché, les députés en ont débattu longuement, avant de voter un projet de loi insignifiant.

Pendant ce temps, le patron Michelin, imperturbable, n'a pas le moins du monde dévié de la voie qu'il s'était tracée. Réaffirmant que son plan de restructuration était " une simple position de principe pour doper ses résultats futurs ", le groupe annonçait récemment les premières phases de son plan de suppressions d'emplois. En quelque sept mois, Michelin procéderait ainsi à 3 160 suppressions d'emplois, sur les 7 500 de son plan.

Le gouvernement continue, comme si de rien n'était, à proclamer avec satisfaction la baisse du chômage. Et Michelin, à l'instar d'autres trusts qui tiennent le haut du pavé, tel Alstom et d'autres, continue à fabriquer des chômeurs, en même temps que ses profits grossissent.

On amuse la galerie avec des discours sur la prétendue nouvelle économie, ou sur la mondialisation. Mondiale ou pas, nouvelle ou ancienne, les prédateurs de haut vol sévissent ici, sans états d'âme, à Clermont-Ferrand, à Belfort ou dans les salons capitonnés de leurs sièges sociaux des beaux quartiers parisiens.

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