La réunion du FMI : Qui sème la misère récolte la haine21/04/20002000Journal/medias/journalnumero/images/2000/04/une-1658.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans le monde

La réunion du FMI : Qui sème la misère récolte la haine

Après le sommet de Seattle, en novembre dernier, la réunion du FMI et de la Banque Mondiale a elle aussi été l'objet, les 15 et 16 avril, à Washington, de manifestations qui ont quelque peu perturbé son déroulement. Et l'indignation de ceux qui accusent ces organisations de présider à l'appauvrissement croissant des pays du Tiers Monde, au profit des Etats industrialisés est parfaitement justifiée.

Même si ni le FMI ni la Banque Mondiale ne sont les responsables directs de ce fossé qui ne cesse de s'approfondir entre pays riches (impérialistes) et pauvres (anciennes colonies toujours pillées), ils en sont largement complices.

C'est évidemment le système capitaliste qui fait que les pays riches sont de plus en plus riches et les pays pauvres de plus en plus pauvres. Ce n'est pas une calamité naturelle à laquelle personne ne peut rien. Même au sein des pays les plus industrialisés, la fortune d'une petite minorité de privilégiés ne cesse de croître, alors que la grande masse de la population s'appauvrit. Mais le FMI et la Banque Mondiale sont des instruments de ce système et, comme tels, ils en revendiquent la responsabilité, même s'ils prétendent hypocritement mettre du baume sur les plaies les plus visibles.

Quand ils prêtent de l'argent à un pays pauvre, ils ne s'inquiètent pas de savoir à quoi cet argent servira. Ils n'exigent pas que ces fonds ne soient utilisés qu'à satisfaire les besoins des populations. Peu leur importe qu'ils servent à acheter du matériel militaire, au lieu d'être employés à lutter contre les famines et la misère, voire qu'ils finissent sur les comptes privés, en Suisse ou aux Bahamas, d'un quelconque dictateur. Le FMI procède comme les pays occidentaux vis-à-vis de la Russie de Poutine qui, sous prétexte d'empêcher ce pays de sombrer dans la crise économique, financent et la guerre de Tchétchénie et l'enrichissement des mafias locales, alors que l'économie russe continue à s'enfoncer dans la crise, que les salariés, les retraités, voient leur niveau de vie empirer tragiquement chaque jour.

En revanche, quand il s'agit de réclamer le remboursement de ces fonds, le FMI sait imposer aux pays pauvres des " plans de redressement " qui se traduisent par de nouveaux sacrifices pour les populations.

Et de ce point de vue, les ministres des Finances de tous les pays qui se trouvaient à Washington ont les mêmes responsabilités, même quand ils se disent socialistes, qu'ils s'appellent Fabius, et qu'ils jouent les victimes innocentes.

Alors, comment s'étonner que ces instruments d'un système économique inhumain soient vomis par les populations des pays concernés, et par tous ceux qui sont sensibles aux injustices sociales.

Bien évidemment, les manifestations, comme celles qui viennent de se dérouler à Washington ne peuvent pas suffire à empêcher le système capitaliste de produire ses méfaits et de toute manière nous, travailleurs de ce pays, ne pouvons pas traverser l'Atlantique pour aller manifester. Mais les concentrations d'entreprises à l'échelle mondiale, auxquelles on assiste de manière accrue ces dernières années (ce que la presse appelle la " mondialisation ", ou la " globalisation " de l'économie, et que dénonçaient les manifestants de Washington), ne concernent pas que des sociétés américaines. Cette mondialisation, qui se traduit par des milliers de suppressions d'emplois, dans le but d'augmenter encore les profits des actionnaires, elle existe ici, sous le nom d'Aventis, d'Alstom, de Renault-Nissan, de Vivendi, de l'Oréal, sans parler des trusts agro-alimentaires. Et ici, non seulement nous pouvons agir contre eux, mais nous devrons le faire, si nous ne voulons pas voir nos conditions de travail et de vie continuer à se détériorer, notre niveau de vie reculer, le travail précaire se généraliser.

Nous pouvons faire reculer le patronat, et le gouvernement à son service, et c'est en diminuant le pouvoir économique et politique de ces trusts mondiaux que nous pouvons le mieux aider les peuples du Tiers Monde.

(Editorial des bulletins d'entreprise du 17 avril)

Partager