Enseignement : Un milliard... vraiment très loin du compte24/03/20002000Journal/medias/journalnumero/images/2000/03/une-1654.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Divers

Enseignement : Un milliard... vraiment très loin du compte

Jospin avait cru calmer le mécontentement des personnels de l'Éducation nationale en allouant à ce ministère un supplément d'un milliard " pour les besoins urgents ".

Cette somme ne représente que 0,3 % du budget de l'éducation. Elle correspond à l'emploi de 5 000 postes, de travailleurs précaires ou vacataires, puisqu'il s'agit là d'un versement exceptionnel. C'est une cinquantaine d'emplois supplémentaires par département en moyenne. Selon les syndicats, les seules urgences représentent le recrutement de 27 000 postes, pour combler par exemple le manque de personnels de remplacement ou tout simplement pour supprimer les sous-effectifs chroniques actuels des personnels d'entretien ou administratifs ! On est donc très loin du compte.

Mais pour les personnels de ce secteur comme pour les parents, le problème n'est pas seulement de colmater les brèches les plus criantes mais d'offrir une école de qualité.

La caractéristique générale des réformes opérées par le gouvernement et Allègre, au collège comme dans les lycées généraux ou professionnels, est de vouloir réduire les heures d'enseignement général. Pour maintenir sur ce plan un enseignement normal, il faut embaucher un nombre important d'enseignants. Quant à tous ces personnels qui ont un rôle essentiel dans les établissements, personnel Atoss, médical, d'assistance sociale, le manque actuel de postes se compte en dizaines de milliers.

Ce milliard alloué par Jospin est donc dérisoire. C'est en dizaines de milliards voire davantage que se chiffrent les besoins réels. Et c'est bien normal. Une éducation correcte est une oeuvre prioritaire qui exige des dépenses à la hauteur des enjeux.

Il y avait cette " cagnotte " de 50 milliards dont Jospin a extrait un petit milliard pour les urgences d'une école en péril. Pour l'école de qualité, il faut puiser dans cette cagnotte d'une tout autre ampleur, celle des centaines de milliards de subventions versées à fonds perdus chaque année au patronat, ou encore dans le pactole de ses profits.

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