Thomson Daimler Aerospace (La Ferté-Saint-Aubin-Loiret) : Quand la direction espionne un local syndical c'est " secret-défense " !03/03/20002000Journal/medias/journalnumero/images/2000/03/une-1651.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Thomson Daimler Aerospace (La Ferté-Saint-Aubin-Loiret) : Quand la direction espionne un local syndical c'est " secret-défense " !

Mercredi 23 février, la CGT a assigné la direction de l'usine d'armement TDA (Thomson Daimler Aérospace) de La Ferté-Saint-Aubin devant le tribunal d'Orléans.Elle exige qu'elle enlève la caméra qu'elle a installée à proximité du local syndical.Cette affaire de répression antisyndicale évidente remonte à juillet 1999.

A cette date, des militants de la CGT de cette usine de fabrication de bombes, de roquettes, de missiles et de mortiers, qui emploie 520 salariés, découvrent la présence d'une caméra dissimulée dans le lampadaire installé près du local syndical. Ils alertent l'Inspection du travail qui constate l'existence d'un dispositif particulièrement efficace, puisque la caméra effectue une surveillance à 360° et possède un zoom suffisamment puissant pour " lire, à l'intérieur du local, un gros titre de journal ". C'est ce qu'écrit l'inspectrice du travail dans une lettre au directeur de l'entreprise, datée du 23 juillet 1999, dans laquelle elle précise : " En tout état de cause, cette caméra rend possible une surveillance de l'activité des représentants du personnel, des personnes intervenantes et des personnes reçues. Je vous demande de remédier à cet état de fait dans les meilleurs délais. "

Sept mois plus tard, la direction de l'entreprise n'a toujours pas enlevé la caméra, qui continue à filmer les allées et venues dans le local syndical. Elle a refusée de modifier le champ de la caméra ou de la placer ailleurs. En revanche, elle a proposé de déménager le local syndical à l'autre bout du site, dans d'anciens garages.Mais elle ne s'en est pas tenue là. Elle a pris prétexte de la publication dans L'hebdo/ Vie Ouvrière de la CGT d'une photo de la caméra-lampadaire pour engager une procédure de licenciement contre Armelle Bruant, une déléguée syndicale CGT de l'usine, à laquelle elle reproche d'avoir " pris et divulgué à la presse des photos dont la publication est de nature à mettre en péril le secret-défense et la sécurité de l'entreprise ". Elle a menacé de confier l'enquête à la DGA (Direction générale pour l'armement), à la DST (Direction de surveillance du territoire) et à la Police judiciaire.

Il s'agit en fait de se débarrasser d'une militante syndicale qui a déjà fait l'objet de deux tentatives de licenciement, une en 1993 pour raisons économiques et une seconde en 1994.

Lors de l'audience du 23 février, la CGT a exigé l'enlèvement de cette caméra et rappelé que ce n'est pas le local syndical qui est illégal, mais la présence de cette caméra.Des militants de plusieurs entreprises du Loiret étaient présents au tribunal.

En attendant les résultats des enquêtes en cours et le jugement qui sera rendu le 8 mars, la direction a suspendu la procédure de licenciement.Contre l'acharnement de la direction, contre ses grossières pratiques antisyndicales, la vigilance et la solidarité des travailleurs sont les meilleurs garants pour imposer qu'elle remballe sa procédure de licenciement, sa caméra et son arrogance.

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