Brandt Cooking (ex-CEPEM) Orléans : Une grève dont nous nous souviendrons04/02/20002000Journal/medias/journalnumero/images/2000/02/une-1647.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Brandt Cooking (ex-CEPEM) Orléans : Une grève dont nous nous souviendrons

Mercredi 12 janvier, à l'occasion d'un débrayage appelé par la CGT, la CFTC et FO, les travailleurs de Brandt-Cooking à Orléans s'étaient mis en grève pour protester contre le projet des 35 heures du patron. Alors qu'une bonne partie du personnel est déjà à 35 heures, ils voient leurs journées rallongées de 13 minutes. Les autres ont une réduction d'horaire de quelques minutes seulement par jour. Et pour tous, les 7 jours de compensation sont à prendre selon le bon vouloir du patron. Après plusieurs années où les travailleurs ont vu leurs dates de congés bloquées, la flexibilité du temps de travail imposée, le ras-le-bol a éclaté. Il était temps de mettre un coup d'arrêt à toutes ces attaques! (voir LO n° 1645)

Les grévistes étaient déterminés. Ils ont passé une bonne partie de leurs journées de grève devant l'entrée de l'usine où un feu de palettes réchauffait l'atmosphère. Tous les jours, en assemblée, ils ont reconduit leur grève. Ils défilaient dans l'entreprise pour essayer d'entraîner d'autres camarades.

Le mardi 18 janvier, au bout d'une semaine, le patron commençant à en avoir assez de la grève, il a cherché une porte de sortie. Il y a eu une réunion avec les syndicats grévistes, où il n'avait rien à proposer, sinon un forfait de 450 F pour les ouvriers et salariés badgeant à l'entrée, la retenue pour les jours de grève étalée sur 3 mois, la présence des syndicats nonsignataires de l'accord des 3 5 heures aux réunions de mise en place de ces mêmes 35 heures. Cela en échange d'une signature de fin de conflit!

Cela ne convenait pas, bien sûr, aux grévistes qui se battaient parce qu'ils ne voulaient pas entendre parler, justement, de cet accord sur les 35 heures. Mais malgré leurs efforts, le nombre de grévistes n'augmentait pas. Et le fait que la CFTC, qui jusque-là faisait partie de l'intersyndicale-le, appelle à la reprise, en a écoeuré plus d'un.

Mercredi à 13 heures, la grève a quand même été reconduite par la bonne centaine de travailleurs présents à l'assemblée. Mais dans l'après-midi, la venue d'un huissier, des coups de force de la direction pour faire rentrer des pièces, tout cela a fait que la CGT a fait voter la reprise par ceux qui se trouvaient là.

Les travailleurs ont donc repris le jeudi après une bonne semaine de grève. Parce qu'ils n'ont pas pu entraîner d'autres travailleurs de l'entreprise, ils n'ont pas réussi à faire plier le patron et à le faire revenir sur ses 35 heures. Mais ça ne passe toujours pas, et dans les ateliers les travailleurs ne se tiennent pas pour battus. Ils sont fiers d'avoir réagi. Ça ne s'était pas produit depuis plus de vingt ans.

Après la reprise, la direction a dit qu'il y avait eu des actes de sabotage et joué l'intimidation en portant plainte. Mais après l'annonce par les médias, lundi 24, que des cuisinières étaient défectueuses, qu'il y avait des risques de fuite de gaz, c'est elle qui a dû essayer de s'expliquer dans une note de service.

Il est vrai qu'en vouloir toujours plus, et toujours plus vite, c'est vraiment du sabotage !

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