Webhelp – Compiègne : débrayage du 15 mai

17 Mai 2017

Une quarantaine de salariés de Webhelp, centre d’appels situé à La Croix-Saint-Ouen, près de Compiègne, ont débrayé plusieurs heures lundi 15 mai à l’appel du syndicat CGT.

Ils réclament une amélioration de leur convention collective, entre autres 100 euros net par mois, un 13e mois, dix minutes de pause par heure travaillée au lieu de cinq actuellement, pas de jour de carence en cas d’arrêt maladie, ou encore cinq jours payés pour un enfant malade. Les salaires sont en effet majoritairement au smic. Quant aux conditions de travail, elles ne cessent de s’aggraver. La pression pour répondre au plus grand nombre d’appels possible est constante. Les avertissements pleuvent parfois simplement pour deux minutes de retard, un nombre d’appels traités que la direction estime insuffisant, ou un appel considéré comme traité trop longuement.

Il y a un an, les travailleurs du centre de La Croix-Saint-Ouen s’étaient mis en grève durant plusieurs semaines pour une augmentation de salaire, malgré toutes les menaces de la direction. Ils s’étaient retrouvés nombreux dans les manifestations contre la loi travail. Cette année, ce sont les salariés du centre d’appels Webhelp de Caen qui débrayent depuis six semaines régulièrement, dix minutes toutes les heures et en fin de service les samedis, pour réclamer des augmentations de salaire et un 13e mois.

La grève du 15 mai concernait tous les centres d’appels qui connaissent les mêmes problèmes. Partout, pour augmenter les profits, Webhelp veut exploiter davantage les salariés.

Webhelp a vu ses ventes progresser, atteignant un objectif d’environ 725 millions d’euros en 2015. Le nombre de centres d’appels est passé de 12 à plus de 80 tandis que celui des employés a progressé de 7 000 à plus de 30 000. Basé à Paris, Webhelp est présent dans 21 pays et compte parmi ses clients des entreprises comme Vodafone, Bouygues Telecom, Direct Énergie. Fin 2015, le puissant fonds d’investissement américain KKR a acheté près de 60 % de l’entreprise. Autant dire que de l’argent, il y en a.

Les travailleuses et les travailleurs ont toutes les raisons de ne pas se laisser faire.

Correspondant LO