Tati : loi Macron, loi des patrons

17 Mai 2017

Les 1 720 salariés de la société Agora Distribution, filiale du groupe Eram dont dépend entre autres l’enseigne Tati, restent dans l’attente de la décision du tribunal de commerce de Paris, prévue le 29 mai, suite à la mise en redressement judiciaire de la société.

Immédiatement, des offres de reprise ou plutôt de dépeçage de Tati ont été présentées. Les vautours s’intéressent pour la plupart aux magasins les mieux situés. Ainsi Gifi dit vouloir garder l’enseigne mais seulement 100 des 130 magasins Tati et 1 200 salariés. Ou encore cette offre de quatre enseignes, La Foir’fouille, Stockomani, Centrakor et Maxi Bazar, qui s’intéressaient dans un premier temps séparément à une partie des emplacements et qui ont choisi de se regrouper pour mieux se partager 88 des 145 magasins d’Agora avec 1 051 salariés. Un point commun à toutes ces offres : de 500 à 700 salariés resteraient sur le carreau à la reprise.

Quant au groupe Eram, qui a réalisé en 2015 un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros et qui ne peut cacher une santé financière évidente, il se dégage de toute responsabilité sans même avoir à financer le moindre plan de suppressions d’emplois. En effet, depuis août 2015, la loi Macron permet à un groupe d’échapper à l’obligation de financer un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) lorsqu’une de ses filiales est mise en redressement judiciaire. Avec cette loi, le grand patronat dispose d’un levier pour accélérer sans la moindre contrainte les licenciements collectifs et les fermetures d’entreprises.

Macron s’est montré facilitateur des licenciements en nombre. On comprend alors pourquoi Gattaz, le président du Medef, a exprimé sa préférence pour Macron président.

Philippe Logier