Spéculation : la course vers l’abîme

17 Mai 2017

À la fin 2015, la finance parallèle, ou finance de l’ombre, pesait 92 000 milliards de dollars. C’est l’équivalent d’une fois et demi le PIB généré annuellement par l’activité économique de toute l’humanité !

C’est le Conseil de stabilité financière, un organisme rattaché au G20 – groupe des vingt plus importants pays de la planète – et créé pour surveiller les bulles spéculatives suite à la crise de 2007-2008, qui le constate dans son 6e rapport. Ce que ce conseil appelle finance parallèle est l’activité financière réalisée au-delà des banques, par des fonds d’investissement par exemple.

L’activité spéculatrice des banques ayant été le facteur déclenchant de la crise il y a dix ans, les États ont édicté des règlements pour, si ce n’est la limiter, du moins l’encadrer. Le résultat a été tout au plus de la déplacer. Dans une période où la croissance économique est poussive et la production industrielle en berne, l’avidité de la bourgeoisie pour les profits immédiats donne un coup de fouet à la spéculation par le biais des banques comme par d’autres canaux, tels ceux de cette finance de l’ombre.

L’année 2015 était la septième année de suite de croissance de la finance parallèle, à un rythme de 5 à 10 % par an, alors que stagne l’économie productive. Qu’il soit bancaire ou parallèle, l’afflux de moyens financiers dans le secteur inutile de la spéculation ne peut mener qu’à de nouveaux déséquilibres et de nouvelles catastrophes financières.

Au quotidien, ces milliers de milliards qui circulent au bénéfice d’une poignée d’ultrariches sont indécents au regard des besoins des populations qui vivent dans la misère, ou des infrastructures qui se dégradent faute d’investissements, même dans les pays développés.

Lucien DÉTROIT