Empire Bolloré : Vivendi, Havas, et surtout l’Afrique

17 Mai 2017

Vivendi, maison mère entre autres de Canal+, Universal, iTélé, Dailymotion, a lancé une opération de prise de contrôle de l’agence de publicité Havas, dont elle est cliente.

La particularité de cette fusion est que les deux sociétés, Vivendi et Havas, ont déjà depuis quelque temps le même actionnaire principal, Vincent Bolloré, dont la société financière devrait toucher dans cette opération 2,4 milliards d’euros en cash, financés par la trésorerie de Vivendi.

Si les intérêts privés qui se trouvent lésés par cette opération ne parviennent pas à la faire capoter, la société fusionnée sera apportée sur un plateau au fils aîné Yannick Bolloré, déjà PDG de Havas et membre du conseil d’administration de Vivendi. En comparaison, Fillon, dans ses largesses, est du menu fretin !

Les trois autres enfants Bolloré ne sont pas non plus des laissés-pour-compte, et en particulier le benjamin, Cyrille, 31 ans. Il a commencé sa carrière dans les sociétés que Bolloré possède en Afrique, conseillé par Michel Roussin, ancien des services secrets qui fut ministre de la Coopération sous Chirac et reste aujourd’hui une incarnation de la Françafrique. Cyrille Bolloré préside depuis l’année dernière Bolloré Transport & Logistics, société pour laquelle travaillent 36 000 salariés dans le monde entier, en premier lieu en Afrique. Non seulement Bolloré y possède l’infrastructure de quinze ports, mais il a mis la main sur la logistique, c’est-à-dire l’acheminement des importations vers l’intérieur, et l’exportation des minerais et des matières premières telles que le bois, le cacao, l’huile de palme, le caoutchouc. Une autre société contrôlée par Bolloré, Socfin, accapare des terres pour en faire notamment des plantations de palmiers à huile et d’hévéas.

Mais le pillage de l’Afrique, socle sur lequel repose la fortune des Bolloré, est moins médiatisé que leurs participations dans les médias et la publicité.

Jean SANDAY