Vivarte : le saccage capitaliste

19 Avril 2017

Une émission du magazine Envoyé spécial de France 2 consacrée à Vivarte a rappelé à quel point le monde de la finance peut saccager la vie de milliers de salariés.

Ce groupe de plus d’une dizaine d’enseignes de l’habillement et de la chaussure a décidé pour certaines de les vendre et pour d’autres de fermer des centaines de magasins : ainsi 141 magasins sur 680 de la Halle aux Chaussures vont disparaître. Pataugas, Chevignon, Kookaï, Naf-Naf, André, Merkal en Espagne sont à vendre.

Vivarte, qui valait 3,4 milliards d’euros il y a dix ans, a été acheté par des fonds qui n’ont déboursé que 800 millions. Le reste a été emprunté, mis au compte de Vivarte qui s’est trouvé ainsi considérablement endetté, à charge pour le groupe de faire payer la dette aux salariés en supprimant des milliers d’emplois. Pour rembourser les banquiers, la ponction sur le chiffre d’affaires, c’est-à-dire sur les richesses produites par les travailleurs, s’est faite de plus en plus lourde. Les licenciements ont suivi la dégringolade des mauvaises affaires, plus de 5 000 sur les cinq dernières années. Les actionnaires ont cédé la place à d’autres fonds tout aussi vautours.

Le dernier PDG, Patrick Puy, liquidateur d’entreprises et exécuteur entre autres de Moulinex, a eu pour mission « d’assainir » la situation. Dans une déclaration au journal Les Échos, il s’est déclaré satisfait de son travail, « une série de bonnes nouvelles », puisque c’est ainsi qu’il considère la ruine de milliers de travailleurs. Les créanciers, derniers fonds vautours en date, sont devenus propriétaires d’un Vivarte réduit suite à une vente à la découpe de plusieurs enseignes, dont les travailleurs ont tout à craindre. Il faut y ajouter plus de 2 000 licenciements dans les magasins qui appartiennent encore au groupe.

Acheter une entreprise non pas pour produire mais pour la revendre… et finalement la couler, c’est bien la folle logique capitaliste ! Mais ce n’est que l’aboutissement d’un système où seul compte le profit et dont la société doit absolument se débarrasser pour survivre.

Sylvie MARÉCHAL