Orléans : la grève d’Atalian

19 Avril 2017

Dans la semaine du 10 au 15 avril, les travailleurs d’Atalian, société de nettoyage travaillant sur le site Famar d’Orléans (sous-traitant de l’industrie pharmaceutique), ont cessé le travail.

Depuis une dizaine d’années, les salariés ont changé plusieurs fois de patron, de Penauille à TFN, de TFN à ISS, d’ISS à Derichebourg ou encore GSF, pour finir par Atalian. À chaque fois, cela s’est traduit par des réductions d’effectifs et une augmentation de la charge de travail, alors que les salaires ont stagné.

Ils réclament le versement d’une prime mensuelle de 60 euros, avec la perspective de l’intégrer dans le salaire, et une revalorisation de leur classification, ainsi qu’une amélioration des conditions de travail. Les salaires avoisinent le smic, pour ceux qui sont à plein temps. Mais nombre de femmes subissent des temps partiels imposés, et certaines souhaitent avoir un salaire complet.

La direction a cédé en partie sur la revalorisation des classifications et sur les temps partiels, mais elle n’a rien voulu entendre sur le versement d’une prime mensuelle pour tous, sous prétexte que le site ne rapporte pas d’argent et que ce serait discriminatoire vis-à-vis des autres salariés de la société. Pourtant cette multinationale, qui emploie 95 000 salariés auprès de 25 000 clients, réalise un chiffre d’affaires de 1,860 milliard d’euros et a bénéficié de plus de 1,5 million d’euros d’aides de l’État au titre du CICE.

Le patron a tenté de briser la grève en faisant travailler de nuit deux salariés provenant d’un autre site. De son côté, la direction de Famar a tenté d’imposer aux opérateurs de production de faire les nettoyages des locaux. Ceux-ci ayant refusé, par solidarité avec les grévistes, l’encadrement l’a imposé à des intérimaires, tout en mettant pour une fois la main à la pâte. Cela a quand même désorganisé les productions.

Les salariés d’Atalian, déterminés, ont tenu le piquet de grève devant le site toute la semaine, en organisant des barbecues, des assemblées générales et des distributions de tracts, et ont reçu le soutien de bon nombre des salariés Famar. Avec la fermeture prévue de Famar en raison des congés, la semaine suivante, les travailleurs ont dû suspendre leur grève. Mais ils ne comptent pas en rester là.

Correspondant LO