Naufrage : pirates en gants blancs

19 Avril 2017

Dans la nuit du 31 mars, le Stella Daisy, un cargo de 321 mètres chargé de 270 000 tonnes de minerais en vrac, lançait un unique appel de détresse. Lorsque les secours arrivèrent sur les lieux, à 2 500 km de toute terre dans l’Atlantique sud, ils ne trouvèrent que deux marins sur un radeau. Il n’y avait plus aucune trace du navire qui s’était cassé en deux et avait coulé en quelques minutes, entraînant 22 hommes avec lui.

Le Stella Daisy appartenait à l’armateur coréen Polaris Shiping, premier au monde pour le transport de minéraux. Sur les 27 minéraliers géants de cette compagnie, 20 sont d’anciens pétroliers reconvertis. En effet, suite aux marées noires, les États avaient imposé que les pétroliers soient équipés de doubles coques. Des pétroliers furent alors vendus pour être transformés en minéraliers. Il était logique et, disent les syndicats de marins, prévisible, que ces navires présentent des problèmes de structure, en plus des problèmes liés à l’âge et au choc répété des tonnes de minerais tombant dans la coque. Un autre navire de la compagnie, construit lui aussi en 1993, pétrolier converti en minéralier, est bloqué au Cap, suite à l’apparition de fissures dans la coque.

Alors que l’équipage du Stella Daisy a été pris au piège, les armateurs et ceux qui profitent de leurs économies criminelles, grandes banques internationales et capitalistes des mines et de l’acier, dorment au sec.

Paul GALOIS