Le Pen : bêtise raciste au programme

19 Avril 2017

À six jours du vote, Marine Le Pen a choisi lors de son meeting du 17 avril au Zénith de Paris de s’en prendre encore plus durement aux immigrés. Loin de ses prétentions à se poser en candidate des classes populaires qui souffrent, elle montre que son fonds de commerce reste avant tout le racisme et la xénophobie et rappelle que c’est bien là son vrai visage.

Le Pen a ainsi déclaré que, si elle était élue présidente, elle instaurerait « un moratoire immédiat sur toute l’immigration légale pour arrêter ce délire, cette situation incontrôlée qui nous entraîne vers le fond ». Cette mesure ne figurait pas dans son programme qui, bien qu’imprégné de haine contre les immigrés, prévoyait sans autre précision de limiter l’immigration légale à 10 000 migrants par an, ce qui est déjà scandaleux.

« Derrière l’immigration massive, il y a le terrorisme, derrière l’immigration massive, il y a l’islamisme », a-t-elle aussi ajouté, désignant les immigrés à la vindicte de la population meurtrie par les attentats.

Et de qualifier l’immigration de « drame pour la France », comme si le drame pour les travailleurs n’était pas que les patrons puissent les réduire impunément au chômage ou les forcer à se tuer au travail pour des salaires de misère. Vouloir faire croire que les malheureux réfugiés, contraints d’abandonner pays et famille pour fuir la guerre ou la misère, sont responsables de la misère ouvrière, c’est du même coup exonérer les capitalistes de toute responsabilité.

Le Pen n’a même pas reculé devant les formules les plus ridicules du genre : « En France on boit du vin si on en a envie. On entend sonner la cloche au lointain », déclenchant les cris hystériques de ses partisans qui ont entonné « La France aux Français »… montrant que les cloches n’étaient pas si lointaines.

Pendant toute une partie de sa campagne électorale, Marine Le Pen a essayé de séduire les électeurs des classes populaires, écœurés par les partis qui se sont succédé au pouvoir, en se présentant comme « la candidate du peuple ». Mais maintenant qu’il s’agit de grappiller les ultimes voix qui lui permettront de figurer au second tour, c’est le discours traditionnel du Front national qu’elle remet au goût du jour. Et c’est ce programme qu’elle appliquerait si demain elle était élue, d’abord contre les réfugiés et l’ensemble des immigrés, mais aussi contre tous les travailleurs, quelle que soit leur origine.

Daniel MESCLA