Guadeloupe : victoire des ouvriers de la banane !

19 Avril 2017

Après neuf jours de grève, les travailleurs de la banane de la plantation Bois-Debout à Capesterre-Belle-Eau, en Guadeloupe, ont fait céder la direction.

Ils ne réclamaient que leur dû après la décision du tribunal des prud’hommes de Basse-Terre de condamner le patron à leur verser des arriérés, des rappels de salaire et des journées de droit de retrait, dus depuis près de cinq ans. L’entreprise devra verser entre 15 000 et 20 000 euros aux 63 travailleurs qui ont gagné au tribunal et grâce à la mobilisation qui a suivi, la direction refusant de payer.

Le 13 avril, les travailleurs l’ont contrainte à signer un accord de remboursement des sommes volées pendant des années. Le barrage routier érigé par les grévistes, qui bloquait la circulation sur la nationale à la hauteur de la plantation, avait été levé puisque les patrons békés avaient promis au préfet de se mettre en règle. Les travailleurs sont allés prendre la parole au Conseil régional à Basse-Terre, avant la réunion à la préfecture.

La direction de Bois-Debout a encore tenté de faire traîner les choses, avant d’être contrainte, à 18 heures, d’accepter de payer, le 18 avril, les 63 ouvriers, et de verser, le 30 juin, un acompte aux 89 autres travailleurs, qui n’ont pas encore porté plainte mais seront eux aussi remboursés intégralement.

Au dernier moment, la direction a refusé de signer, probablement sous la pression des gros békés planteurs de Martinique. Les travailleurs en colère sont aussitôt retournés à Capesterre et ont remonté le barrage. À 20 h 45, les patrons ont dû céder et se déplacer sur le barrage pour signer l’accord !

Au début de la grève, les patrons prétendaient pourtant ne pas avoir d’argent et menaçaient de liquider l’entreprise. Les travailleurs se sont dits prêts, dans ce cas, à occuper les terres. Et comme par enchantement les sommes ont été trouvées...

La détermination a payé et il semble que cette victoire ait donné des idées aux travailleurs d’autres plantations qui se réunissent eux aussi.

Pierre JEAN-CHRISTOPHE