Expropriation des banques !

19 Avril 2017

Les banques ne cessent de réclamer et d’obtenir des milliards d’euros de l’État. Elles utilisent comme prétexte leur prétendu rôle pour financer l’activité économique, accorder les crédits nécessaires, etc. Mais elles jouent bien mal ce rôle et contribuent en fait au chaos de l’économie capitaliste.

Elles préfèrent spéculer que financer des activités économiques utiles, car cela leur rapporte plus. Dans les années qui ont suivi la crise financière de 2008, elles ont choisi de retenir les capitaux qu’elles contrôlaient plutôt que de les laisser circuler, dans un contexte où elles craignaient de ne pas les récupérer. Elles ont ainsi aggravé les effets de la crise et obligé les États à leur donner toujours plus.

Le poids énorme des banques dans l’économie rend indispensable leur contrôle par la collectivité, pour réguler l’économie. Pour qu’il puisse être effectif et permette une vision d’ensemble de la situation, pour empêcher les montages extrêmement complexes et opaques qui permettent aux capitalistes de cacher leur fortune et leurs mauvais coups à la population, il faut unifier l’ensemble des banques pour créer un système unique d’investissement et de crédit.

Pour cela, il est tout aussi indispensable d’exproprier les banquiers et de collectiviser l’institution ainsi créée. C’est à ces conditions que celle-ci pourra servir à choisir de façon rationnelle les activités économiques qui doivent être financées ou non, en fonction des besoins de la population et des possibilités économiques. La concentration importante des banques, produit de la concurrence sauvage dans la société capitaliste, pourra ainsi devenir un outil puissant de planification économique au service de l’ensemble de la population.

Sans de telles mesures, les ministres et les candidats aux élections qui parlent de réguler la finance, ou même simplement de lutter contre l’évasion fiscale, ne feront rien de sérieux.

Ceux qui plaignent les paysans, artisans ou petits commerçants en dénonçant les charges sociales oublient volontairement la charge bancaire bien réelle qui pèse sur eux et les étrangle. Seuls les travailleurs, en mettant la main sur les banques, pourraient au contraire rendre l’accès au crédit plus facile et meilleur marché, pour ces catégories qui en ont besoin pour survivre et jouer un rôle économique utile.

L’expropriation et l’unification des banques doit devenir un objectif essentiel dans les luttes des travailleurs, à commencer par ceux du secteur bancaire, pour réorienter l’économie au service des intérêts des travailleurs, et non plus des capitalistes.

Nicolas CARL