États-Unis : Trump et sa bombe

19 Avril 2017

Après avoir commandé le bombardement d’une base syrienne et envoyé une escadre vers la Corée du Nord, le président Trump a autorisé le 13 avril le largage d’une bombe géante sur l’Afghanistan.

Ces démonstrations militaires sont accompagnées de force commentaires belliqueux. La prétention ridicule y côtoie le franchement répugnant, lorsque Trump, sur le ton d’un animateur de Téléthon, se dit « tellement fier » des militaires qui viennent de faire exploser la plus grosse bombe non nucléaire jamais fabriquée. Et les choses deviennent forcément inquiétantes lorsqu’il renouvelle ses menaces à l’encontre de la Corée du Nord, dépêche son représentant sur place, invite le Japon et la Chine à le suivre dans sa croisade. Et, pour finir, le président des États-Unis a félicité le président turc, en train de refermer sa poigne sur le pays, pour le succès de son référendum.

Il y a certes dans toutes ces gesticulations un aspect mesquin de politique intérieure. Trump prétend en effet en avoir fait plus en huit semaines que son prédécesseur Obama en huit ans. Mais ces coups d’éclat et ces menaces sont celles du président de la plus grande puissance militaire du monde. Les États-Unis dépensent à eux seuls 40 % du budget militaire mondial. Ils fabriquent et détiennent les moyens d’intervention et de destruction les plus perfectionnés qui soient.

De plus, Trump n’est pas seulement un politicien réactionnaire, excité et prétentieux. Il agit dans la situation léguée par ses prédécesseurs et, surtout, par toute l’évolution d’un monde en crise. La déliquescence du capitalisme, les guerres menées par les armées occidentales pour imposer leur ordre, le parasitisme sans cesse croissant de la finance, les catastrophes humanitaires qui se succèdent, Trump ne les pas inventés.

Indépendamment de la volonté individuelle des chefs d’État, la logique du système fait que les militaires finissent par se servir de leurs armes, que les guerres commerciales tournent en guerres mondiales, que les capitalistes en viennent à se partager les marchés à coups de canon. Mais l’attitude du président des États-Unis, qui a flatté les idées des réactionnaires en général et celles des plus militaristes en particulier, accélère cette évolution dans un monde capitaliste devenu une poudrière.

Paul GALOIS