Un vote de dignité et de combativité ouvrière

12 Avril 2017

Lundi 10 avril, la campagne électorale officielle a débuté et, avec elle, la diffusion des émissions des candidats sur les chaînes de télévision et les radios de service public. Nathalie a ainsi appelé le 10 avril à « faire entendre le camp des travailleurs ».

Je me présente pour faire entendre le camp des travailleurs.

Nous, ouvriers, employés, techniciens, enseignants, cheminots, aides à domicile, femmes de ménage, fonctionnaires, caissières… nous faisons tourner toute la société. Nous produisons toutes les richesses. Y compris les superprofits qui sont encaissés par une minorité. Y compris les produits de luxe réservés aux plus riches.

Les progrès des transports, de la médecine, toutes les prouesses techniques, c’est nous ! C’est nous qui faisons fonctionner toute l’économie, c’est nous qui faisons vivre toute la société.

Quand je parle du camp des travailleurs, j’inclus évidemment ceux que la classe capitaliste transforme en chômeurs, en licenciant ou en supprimant des emplois. Je pense aussi aux travailleurs indépendants, autoentrepreneurs, artisans et commerçants qui vivent de leur travail et qui sont eux aussi rançonnés par le grand capital.

Il faut que nous imposions nos intérêts, nos emplois, nos salaires, nos retraites, nos conditions de travail et de vie, contre les dividendes des actionnaires, contre les fortunes d’une minorité capitaliste, contre les parachutes dorés des PDG.

Il faut stopper ce qui se passe depuis des années, où une minorité privilégiée profite de la crise pour s’enrichir encore et toujours, en écrasant les conditions d’existence de ceux qui travaillent.

Travailleuses, travailleurs,

Tous les candidats expliquent qu’avec eux plus rien ne sera jamais comme avant. C’est un mensonge. Au lendemain de l’élection, qu’est-ce qui changera pour nous ?

Beaucoup iront pointer à Pôle emploi, à l’agence d’intérim, ou enchaîneront les petits boulots. Dans les entreprises, nous serons confrontés au même grand patronat, aux mêmes actionnaires invisibles mais tout-puissants. Et ils continueront à nous imposer des cadences de plus en plus folles, plus de flexibilité, pour des salaires insuffisants, parce que c’est sur l’aggravation de l’exploitation qu’ils construisent leurs fortunes et augmentent leurs profits.

Et nous nous retrouverons confrontés au banquier, au propriétaire, qui n’admet aucun retard de loyer. Nous serons face au pouvoir de l’État, qui sait dérouler le tapis rouge aux plus riches mais qui se montre sans pitié pour les classes populaires.

L’élection présidentielle ne changera pas notre vie car, quel que soit l’élu, il fera la politique dictée par la classe capitaliste. Les candidats qui peuvent être élus ont démontré, tout au long de leur carrière, leur appartenance et leur dévouement au monde bourgeois.

Voter pour l’un d’eux, c’est voter contre notre camp.

Rejetons ce jeu truqué ! Dénonçons cette société, où les bourgeois ont tous les droits et les travailleurs uniquement des obligations. Affirmons collectivement nos intérêts de classe : avoir un emploi, un salaire, une retraite digne ; pouvoir se loger, se faire soigner et éduquer nos enfants.

C’est un vote de dignité et de combativité ouvrière.

Ensemble, faisons entendre le camp des travailleurs !