Prisons : le miroir d’une société en crise

12 Avril 2017

La situation est explosive dans les prisons françaises, confrontées à une surpopulation qui atteint un niveau sans précédent.

Il y a quelques semaines, la directrice de la prison de Villepinte avait dénoncé cette situation, où l’on compte 69 430 détenus pour seulement 58 664 places, ce qui oblige des prisonniers à dormir par terre sur des matelas. La promiscuité entre les prisonniers est quotidienne et les conditions de détention indignes. La violence entre détenus et contre les surveillants découle logiquement de cette situation.

Lundi 10 avril la prison de Fleury-Mérogis, la plus grande prison d’Europe, a été bloquée par 350 surveillants qui protestaient contre l’agression de six gardiens. Cette prison est remplie à 180 % de sa capacité, avec 4 200 détenus, et près de 150 postes de gardiens sont vacants. Mais c’est à l’image de toutes les prisons du pays.

Du fait de l’actualité, la question des prisons s’est invitée dans la campagne électorale, mais la solution proposée par la plupart des candidats est d’en construire de nouvelles. Et comme, face à la déliquescence de la société provoquée par le chômage de masse et la misère, la réponse des gouvernants se limite à la tolérance zéro et à une répression accrue contre les plus pauvres, c’est évidemment une impasse. Ces nouvelles prisons seront vite remplies, les détenus continueront à y vivre dans des conditions dégradantes, à l’image de cette société toujours plus barbare.

Cédric DUVAL