Police : les contrôles au faciès continuent

12 Avril 2017

Une enseignante d’un lycée d’Épinay-sur-Seine, en région parisienne, avait organisé en Belgique une sortie avec 18 élèves de classe terminale. Au retour à Paris, à la gare du Nord, alors qu’il ne se passait strictement rien, des policiers ont demandé les papiers des seuls trois élèves noirs du groupe.

La professeure s’est alors interposée, se présentant comme enseignante responsable de ces élèves. Mais les policiers l’ont alors envoyée promener, continuant le contrôle et la fouille devant le restant de la classe. Comme l’a dit l’enseignante : « De tous c’était moi la plus énervée. Mes élèves sont malheureusement habitués à ces discriminations. Pour eux, ça fait partie du quotidien. » À la suite de quoi, elle a tenté de porter plainte dans un commissariat. Celui-ci a refusé de l’enregistrer. Les policiers n’acceptent pas une plainte mettant en cause d’autres policiers.

Finalement, l’enseignante a publié une tribune et l’affaire est connue par l’intermédiaire de certains médias. Elle a pris un avocat afin de porter plainte. D’autres professeurs en ont profité pour signaler bien d’autres attitudes de discrimination raciale ou sociale, notamment par rapport à des élèves de certaines cités de banlieue, de la part de la police ou du personnel des musées.

Lors de sa campagne électorale de 2012, Hollande s’était engagé à lutter contre les délits de faciès. Il n’a rien fait, et même l’idée de remettre un récépissé après un contrôle, pour éviter les contrôles à répétition, a été abandonnée. Cinq ans plus tard, bien des policiers persistent dans leurs pratiques détestables.

André VICTOR