Macron : tout bon pour les patrons

12 Avril 2017

Plus la date de l’élection approche, plus Macron, tout en restant dans un flou artistique, précise ses choix : l’heure n’est plus de se dire « et de droite et de gauche », son slogan pourrait être simplement « c’est tout bon pour les patrons ».

« Je souhaite introduire dès l’été un projet de loi pour simplifier le droit du travail et décentraliser la négociation. Il s’agit de donner plus de place à l’accord majoritaire d’entreprise, ou de branche, d’une part, d’encadrer les décisions des Prud’hommes, d’autre part. Le tout par ordonnances, pour procéder de manière rapide et efficace. » Cet extrait de l’interview donnée au Journal du dimanche du 9 avril résume bien ce qu’il entend appliquer. Loin de ses prténtions au changement, il sera dans la continuité des politiques propatronales de ceux auxquels il rêve de succéder. Ce sont les mêmes discours sur les prétendus blocages de la société française, sur le dépassement des « barrières » et des excès de réglementation qui entraveraient l’innovation : un véritable discours standard d’ouverture à des assises du Medef !

Car Macron a bien l’intention de s’en prendre au monde du travail. La dette, qui pourtant ne concerne en rien celui-ci, Macron veut « la réduire de manière efficace et durable ». Avec le sérieux budgétaire qu’il a l’intention de mettre en œuvre, on imagine bien quelles coupes dans les dépenses publiques cela va signifier. Ce sera non seulement les 120 000 postes de fonctionnaires qu’il entend supprimer, en particulier dans les collectivités locales, mais aussi les dépenses de fonctionnement de ces dernières.Il parle de les réduire de 2 milliards par an, alors que les collectivités sont déjà contraintes de compenser en grande partie ce que l’État n’assure plus.

Loin de Macron l’idée de critiquer les capitalistes du CAC 40, au contraire, ils créeraient des emplois, comme Renault, PSA, BNP Paribas ou Sanofi, sans doute, qui accumulent les milliards de profits, et en trois ans ont créé… plus de 10 000 chômeurs. Tout est à l’avenant, de la fin des statuts sociaux dits protégés aux « syndicats qui font trop de politique » et « ne représentent plus l’intérêt général ». Et ses mesures, si elles se concrétisaient, susciteraient la même opposition dans le monde du travail que le chapelet d’attaques du quinquennat passé, de la loi Macron à la loi El Khomri.

Voilà pourquoi le candidat d’En marche « assume totalement les instruments qui ont été prévus par la Constitution de 1958 » et envisage sereinement de faire appel, comme l’a fait Valls avant lui, au 49-3, dont il ferait même « la procédure par défaut des textes législatifs ». Voilà les travailleurs prévenus : pour répondre à Macron comme à Valls, il leur faudra descendre dans la rue.

Viviane LAFONT