Hôpital du Mas-Carreiron – Uzès : non à la « charte » !

12 Avril 2017

Le 5 avril, les travailleurs de l’hôpital psychiatrique du Mas-Carreiron à Uzès se sont mis en grève pour riposter aux attaques de la direction contre leurs conditions de travail.

Depuis trois ans les directeurs se succèdent et s’en prennent à chaque fois à l’organisation du temps de travail, en s’appuyant sur une charte recommandée par la Chambre régionale des comptes qui vise à la revoir.

Les salariés ripostent, car ils n’acceptent pas le projet de suppression de onze jours de repos compensateur, qui reviendrait à travailler plus de 35 heures, mais payées 35 heures.

Depuis janvier 2017, la direction a proposé 7 h 42 de travail par jour au lieu de huit, mais sans compter les temps d’habillage et de déshabillage, en annulant des pauses et en supprimant des primes. Ce calcul conduit toujours à travailler plus. Le 5 avril, les salariés étaient donc de nouveau en grève contre cette charte.

Malgré les notes de service d’intimidation du nouveau directeur, les travailleurs se sont mobilisés toute la journée. Ils demandaient à rester sur huit heures par jour en récupérant leurs jours de repos compensateur. Ils étaient soutenus par des délégations de l’hôpital de Nîmes et de l’usine Haribo d’Uzès, également en grève contre des licenciements.

Après s’être retrouvés devant l’hôpital, ils sont partis à plus d’une centaine en fanfare vers le bureau où devait avoir lieu une réunion du CHSCT. Les directeurs, adossés au mur et la mine déconfite, ont dû écouter toute la colère des secrétaires, cuisiniers, aides-soignants, infirmiers, médecins, qui se sont exprimés. « Il y a des jours où on a tellement de travail qu’on n’a pas le temps d’aller aux toilettes ! » « On est obligés de prendre notre pause déjeuner tout en travaillant. » « Votre charte c’est la mise en danger des malades et du personnel, retirez-la ! » « Nous, ce que l’on veut c’est travailler dans de bonnes conditions, pour nous et les malades. Vous, vous ne voyez que des chiffres ! »

À 15 heures, une autre équipe rejoignait la salle et le bras de fer continuait. Enfin, à 18 heures, les travailleurs obtenaient la restitution de quatre jours de repos, le rétablissement du cycle de nuit et le maintien de la journée de 8 heures.

C’est un bon début et, tout le monde en est bien conscient, le résultat de cette mobilisation.

Correspondant LO