Handicapés : une situation scandaleuse

12 Avril 2017

À l’occasion de l’élection présidentielle, les associations d’aide aux handicapés tentent de se faire entendre et d’obtenir des engagements des candidats sur les mesures indispensables pour favoriser leur intégration dans la société et leur donner les moyens de vivre.

La situation des 12 millions de personnes handicapées que compte le pays est scandaleuse. Le revenu perçu par ceux qui ne peuvent pas travailler est inférieur au seuil de pauvreté. Une revalorisation de l’allocation pour adulte handicapé est indispensable.

Lorsque Nathalie Arthaud défend la nécessité d’assurer un revenu minimum de 1 800 euros net, cela concerne non seulement les salaires, mais les retraites et toutes les allocations, dont bien sûr celles que touchent les personnes handicapées. Ce revenu devrait être indexé sur la hausse des prix.

Le taux de chômage qui frappe les handicapés est deux fois supérieur à celui des autres privés d’emploi, malgré l’obligation des entreprises de plus de vingt salariés d’embaucher 6 % de handicapés sur leurs effectifs. Cette loi, qui date de 1987, renouvelée en 2005, n’est toujours pas appliquée, et ce même dans les services publics.

Les associations dénoncent aussi le manque d’accessibilité des bâtiments publics et d’habitation et des transports. En 2005, la loi pour l’égalité des droits et des chances imposait la mise aux normes des bâtiments et des transports en dix ans. Aujourd’hui encore, douze ans plus tard, une majorité ne la respectent toujours pas. Le gouvernement Hollande a accordé pour cela des délais supplémentaires, allant de trois ans à neuf ans, en fonction de la taille de la structure et de ses difficultés financières. Cette décision a permis de lever les sanctions financières en échange d’un engagement à effectuer les travaux... jusqu’au prochain report !

Les revendications des handicapés concernent les structures pour la prise en charge des enfants et des jeunes. À l’école, si quelques efforts ont été faits, les mesures d’économies rendent difficile la vie des enfants. Les contrats de ceux qui en sont chargés sont le plus souvent précaires, la formation est de ce fait presque inexistante et repose sur la bonne volonté. De plus, il reste encore 12 000 enfants n’ayant pas pu suivre leurs études au sein de l’Éducation nationale.

Les personnes âgées devenues dépendantes sont tributaires des sommes accordées pour financer les heures d’aide à la personne qui leur sont nécessaires. À la faveur des lois de décentralisation, l’État s’en est défaussé sur les départements et les communes. En réduisant les ressources de ces collectivités territoriales, il contribue à réduire les aides et en même temps à priver d’emploi des centaines de salariés.

Depuis des années, les associations attendent une politique à la hauteur des besoins des 18 % de la population concernés mais, malgré quelques avancées, la situation reste toujours catastrophique. Il est urgent que l’État consacre les sommes nécessaires au fonctionnement des structures, à l’attribution de ressources suffisantes aux handicapés, et qu’il impose au moins dans ses propres services l’embauche de ceux qui peuvent travailler.

Inès Rabah