Guyane : le gouvernement joue le pourrissement, la grève se poursuit12/04/20172017Journal/medias/journalnumero/images/2017/04/2541.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Guyane : le gouvernement joue le pourrissement, la grève se poursuit

Mardi 11 avril, la grève générale se poursuivait et les barrages routiers du début de semaine étaient encore plus rigoureux. C’était la conséquence de la volonté des collectifs de durcir le mouvement. Face au refus du gouvernement d’accorder les 2,5 milliards d’euros réclamés en plus du 1,085 milliard déjà promis, ils estiment n’avoir pas le choix.

Une minorité de la population proteste contre les blocages, influencée notamment par le président de la CTG (Collectivité territoriale de Guyane), par quelques notables et surtout par les milieux patronaux. Ceux-ci ont fait signer des pétitions et ont organisé une manifestation antiblocage à Kourou, mardi 11 avril, qui a rassemblé environ 200 personnes. Parmi eux, il semblait y avoir une majorité de Français de l’Hexagone. En tout cas, ce n’était pas la population laborieuse de Guyane. Ils ont défilé derrière une banderole « Kolektif pou la Guyann cirkilé » (collectif pour que la Guyane puisse circuler), en réponse au « Kolektif pou la Guyann dékolé » (collectif pour que la Guyane décolle.)

Ce mouvement antiblocage et antigrève prendra-t-il de l’ampleur ? Du côté des travailleurs en grève et des manifestants des collectifs ainsi que de certains dirigeants du syndicat UTG (Union des travailleurs guyanais), la position est de tenir la mobilisation le plus longtemps possible et de profiter de cette mobilisation historique pour obtenir satisfaction.

Quant au gouvernement, visiblement il joue la montre pendant son dernier mois d’existence, en attendant de léguer l’affaire à celui qui sortira de l’élection présidentielle. C’est non seulement méprisant à l’égard des manifestants guyanais mais particulièrement hypocrite.

Du reste, toute l’attitude des représentants de l’État est méprisante depuis le début. Le 7 avril, le préfet a refusé de recevoir les collectifs, ce qui a entraîné la colère des manifestants. Certains ont tenté d’entrer en force et se sont opposés aux policiers de garde. Deux d’entre eux ont été blessés, dont un, évanoui, a dû être transporté à l’hôpital dans un état sans gravité. La responsabilité de ces incidents est à mettre entièrement au compte de l’attitude de l’État qui joue le pourrissement. Le gouvernement est aidé en cela par ceux qui, hier, prétendaient soutenir à fond la protestation : le Medef, certains milieux du petit patronat, du tourisme, les hôteliers, certains notables.

Pour l’instant, les collectifs tiennent les barrages, les travailleurs sont en grève, une grande partie de la population pauvre, les chômeurs, sont toujours mobilisés dans les quartiers. Ce sont eux qui subissent les bas salaires, la baisse de leur niveau de vie, la pauvreté croissante. Et si le Medef estime, lui, avoir obtenu satisfaction, c’est loin d’être le cas pour les travailleurs et les pauvres. Ceux-ci doivent poursuivre la lutte pour faire valoir leurs propres intérêts.

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